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 Féerie de Noël, vous avez dit?

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Ygraïn
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MessageSujet: Féerie de Noël, vous avez dit?   Lun 1 Mai - 16:07


Féerie de Noël, vous avez dit?

par Ygraïn



Le genre: Tranches de vie

Les personnages concernés: Intel Unit

Etat: Complet

Longueur: Environ 25 pages word

Résumé: Noël est la fête de famille par excellence, cela est parfois douloureux à gére....
Ou comment réapprendre la magie de Noël....

Les avertissements: Tout public.

Note: Ne pas tenir compte de la saison 2 de largo Winch, puisque ça a été écrit avant sa diffusion

Copyright: Les personnages de Largo Winch ne m'appartiennent évidemment pas, mais appartiennent à Van Hamme (et sans doute Dupuis est les divers participants de la coproduction pour la série et le personnage de Joy).

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Ygraïn
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MessageSujet: Re: Féerie de Noël, vous avez dit?   Lun 1 Mai - 16:08


Féerie de Noël, vous avez dit?

par Ygraïn



Début du mois de décembre
Les rues de New York s'habillaient alors de lumières, ressortant leurs habits de fête pour quelques semaines. Les enfants s'attardaient en sortant de l'école pour regarder les vitrines, commenter les derniers jouets sortis et faire part aux autres de ce qu'ils souhaitaient obtenir...
Puis la neige s'était mise à tomber recouvrant toute laideur de son grand manteau blanc... la féerie de Noël était en route... Et comme si c'était le dernier signal attendu, les sapins et les Pères Noël se mirent enfin à fleurir un peu partout, tout comme la joie et les rires...
Partout ? Non, un endroit semblait avoir été oublié... La tour du groupe W... Bien sûr, un énorme sapin avait été mis dans l'entrée...mais dans toute la Tour, c'était le seul signe qu'on entrait en période de fêtes. Ici pas de musique, pas de sourire, pas de joie. Au contraire. Certains visages semblaient même plus renfermés que d'habitude...

Au sommet de la tour, John Sullivan et Largo Winch s'étaient jetés à corps perdu dans le travail... et les réunions du conseil se multipliaient...
Aux sous-sol, ce n'était guère mieux. Giorgi Kerensky et Joy Arden semblait encore plus taciturnes et renfermés que d'habitude... et plus obsédés par le travail que jamais. Pourtant, on était dans une période calme et les mesures de sécurité étaient facilitées par le fait que Largo ne sortait presque pas.
En fait, seul Simon Ovronnaz avait échappé à l'esprit morose qui s'était emparé de l'équipe à l'approche des fêtes. C'était à lui qu'on devait le sapin de l'entrée... et il n'avait pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin.
Prochaine étape pour la décoration : l'appartement de Largo puis le bunker... Il soupira. C'était pas gagné d'avance. Mais il s'était promis de faire goûter à ses amis la joie de Noël et il n'avait pas l'intention d'échouer. Même s'il s'était déjà fait rembarrer vertement la première fois qu'il avait mis le sujet sur le tapis dans le bunker.
Il se rappelait encore la remarque dure de Kerensky sur la façon de fêter Noël : comme quoi Noël était aujourd'hui essentiellement une fête commerçante, que la majorité des gens en avait oublié l'esprit et se contenter d'acheter et de consommer un peu plus pour ce jour là. C'était devenu très capitaliste et il était hors de question pour lui de participer à cela. A la surprise de Simon, Joy et Largo étaient tombés d'accord avec le Russe. Il avait donc dû battre en retrait... momentanément ! Il essaierait une nouvelle approche le lendemain. Lorsque les décorations qu'il avait commandées seraient arrivées !
En attendant, il descendit au bunker avec ses achats. Il avait trouvé quelques-uns de ses cadeaux de Noël. Kerensky était seul, devant ces ordinateurs comme d'habitude. Joy devait être en haut avec Largo. Tant mieux, il pourrait faire ses paquets tranquillement. Kerensky leva la tête en l'entendant entrer puis se replongea dans ses dossiers. Simon déballa ses achats sur la table, puis sortit le papier cadeau et se mit en devoir de chercher le scotch, les ciseaux etc... Il s'agitait, faisant beaucoup de bruit. Cela finit par agacer, Kerensky.
_ Bon sang ! On peut savoir ce que tu fabriques ?
_ J'essaie de faire quelques-uns de mes paquets de Noël !
_ Et pourquoi justement ici ?
_ Ben...Largo et Joy n'auront pas le temps de descendre ici avant un petit moment et.. euh, ici, c'est tranquille.

Kerensky dans un souffle :
_ Mouais.. c'était ...
Il reprit son travail. Il avait du mal à se concentrer avec le bruit démesuré que faisait Simon. Il fut interrompu quelques secondes plus tard.
_ Kerensky, tu saurais pas où il y a un stylo ? et du scotch ?
Kerensky soupira et rendit les armes. Il n'aurait pas le calme nécessaire à ses investigations tant que Simon serait là.
_ Ok. Dans l'armoire pour le scotch et pour le stylo... voilà.
Il lui tendit son stylo. Simon le prit et alla chercher le scotch. Profitant qu'il avait le dos tourné, Kerensky jeta un coup d'œil sur ses achats . Il y avait un écrin déjà emballé avec une étiquette d'une des plus grandes bijouteries de New York, sans doute le cadeau de Vanessa, et deux livres sur la table. Il regarda les titres et sourit. C'était sans doute les cadeaux de Joy et Largo. Bon choix, même si ça risquait de lui attirer des problèmes. Il essaya de se remettre au travail.
Simon revint et entreprit avec application de faire de beaux paquets-cadeaux . Le silence finissant par lui taper sur le système, il tenta d'entamer une discussion avec Kerensky :

_ Qu'est ce que tu fais ?
Celui-ci ne lui accorda pas un seul regard, mais répondit pince sans rire :
_ J'étudie des dossiers pour trouver un chef de la sécurité digne de ce nom.
Simon lâcha le stylo avec lequel il corrigeait quelque chose sur la couverture d'un des livres :
_ Quoi ????? C'est quoi ce délire ?
Kerensky, content de son effet, abandonna son ordinateur et fixa Simon. Il lui montra les deux livres :
_ Ce sont bien les cadeaux que tu comptes offrir à Largo et Joy pour Noël ?
_ Euh oui... mais pourquoi tu détournes la conversation ? J'vois pas le rapport !
Kerensky sourit :

_ Ah non ?
Simon contempla les deux livres qu'il avait l'intention d'offrir puis reprit quelques secondes plus tard.
_ Bon d'accord, mettons que je n'ai rien dit... Mais, c'est qu'une blague ! Je suis sûr que Largo le prendra bien.
_ Largo, peut-être !
_ Et comme je ne leur donnerais qu'avant de partir rejoindre Vanessa... Joy n'aura pas le temps de réagir et d'ici que je revienne, elle aura eu le temps de digérer le sien !
_ Ou de se concocter une jolie revanche... Tu sais Simon, si tu tiens absolument à mourir, y a des moyens plus rapides et moins douloureux.
_ Tu dramatises tout ! Elle a quand même plus d'humour que ça !
Kerensky haussa les épaules et retourna à ses ordinateurs :
_ Libre à toi de le croire ! Je ne voudrais surtout pas détruire tes illusions !... Et après tout, c'est ta peau.

_ Trop aimable.
_ Préviens-moi quant tu les distribueras, je ne veux surtout pas manquer ça !
_Mouais.
Simon entreprit de finir ses paquets en se demandant vaguement s'il n'avait pas exagéré un peu. Les livres qu'il comptait leur offrir étaient en effet un moyen détourné de se moquer gentiment d'eux. Celui pour Largo s'intitulait les mille et une astuces pour ne rien faire au bureau tout en paraissant travailler dur. Celui de Joy était un livre Harlequin . Simon doutait qu'elle lise habituellement ce genre de bouquins, mais là, le titre l'avait interpellé et il n'avait pu s'empêcher de l'acheter pour elle. Il n'était plus sûr après cette discussion que ce soit une si bonne idée que cela. A l'origine, ce livre avait pour titre : Le garde du corps et la princesse. Simon l'avait un peu transformé. Il avait mis le garde du corps au féminin et avait barré la princesse pour le remplacer par le milliardaire. Bah, c'était pas méchant, pensa-t-il, on pouvait bien s'amuser un peu. Et puis au moins ça la sortirait de l'apathie où elle était tombée depuis quelques jours.
Il ramassa ses cadeaux et se prépara à regagner ses appartements pour les y déposer avant de rejoindre Largo et Joy.
Une voix le stoppa dans son élan ;
_ Simon ?
Il s'immobilisa, se retourna et vit Kerensky le fixer :
_ Si par le plus grand des hasards, tu avais une autre brillante idée dans le même style... pour un autre de tes collègues...et si tu ne tiens pas à trépasser plus tôt que prévu... abstiens-toi.

Simon se dandina nerveusement. Soudain très mal à l'aise.
_ Simon ?
_ Compris, j'y penserai.
_ Bien.
Ayant obtenu la réponse qu'il attendait, il se désintéressa de lui et reprit son travail. Simon se hâta de sortir. Il soupira de soulagement. Heureusement que Kerensky n'avait pas vu le livre qu'il comptait lui offrir à l'origine. Il était dans la même veine que les deux autres. Il ferait peut-être mieux de trouver autre chose. Quelque chose de beaucoup plus neutre !

Pendant trois jours, Simon eut encore un sursis. Et durant ce laps de temps, il s'était courageusement attaqué à son projet de faire entrer un peu de la magie de Noël dans cette Tour.
Rien n'avait échappé à son passage, il avait su convaincre la majorité des secrétaires de participer à son projet. C'était ainsi que les décorations et les chants de Noël avaient envahi peu à peu tous les étages du Winch building. Au grand désespoir de la plupart des directeurs de filiale.
Simon s'était occupé lui-même de l'appartement de Largo pendant une de ses réunions. Celui-ci découvrit le résultat de son travail en compagnie de Joy .Il l'avait invitée à passer pour se changer un peu les idées après sa dure journée. Il en resta interloqué sur le seuil, quelques minutes.

Un sapin magnifique ornait son appartement. Une immense crèche était dressée à côté. Des guirlandes de toutes les couleurs courraient le long des murs et du plafond. Des affiches déclinant le thème de Noël avaient été accrochées à divers endroits. Sur la baie vitrée, on pouvait voir des dessins réalisés en fausse neige grâce à des pochoirs et des vitraux colorés. Il y avait aussi des étoiles, des boules et des petits sujets en bois qui se disputaient les autres espaces de l'appartement.
Joy qui avait un peu bousculé Largo pour voir pourquoi il n'entrait pas et faire face à la menace s'il y en avait une, s'immobilisa elle aussi, ébahie par le spectacle qui s'offrait à elle. Elle était loin de s'attendre à cela. Largo ferma les yeux et compta lentement jusqu'à 100. C'était un cauchemar . Non, plutôt une illusion... c'est ça, il avait trop travaillé et ses yeux fatigués commençaient à lui jouer des tours... Un sourire ourla sur les lèvres de Joy. Largo rouvrit les yeux. Rien n'avait changé. Simon au milieu de la pièce finissait de ramasser ses emballages. Il se décida à rentrer. Simon s'apercevant enfin de leur présence, dit à Largo :
_ Comme tu n'avais pas le temps de t'occuper de la décoration, j'l'ai fait.
Largo ne put émettre qu'un lamentable :
_ J'vois ça !
C'en fut trop pour Joy. Elle éclata de rire. Les garçons la regardèrent avec étonnement . Que lui arrivait-il ? Ce n'était pas déplaisant... plutôt totalement inattendu !
Reprenant un peu son sérieux, elle inspecta la pièce. Puis elle dit avec malice :
_ Simon , Je crois que t'as oublié quelque chose.
Largo qui s'était avachi un fauteuil lui jeta un regard horrifié. A son goût, il y avait déjà beaucoup trop de choses ! Joy n'en tint aucun compte.

_ Moui, c'est bien ça, il manque quelque chose d'essentiel et de traditionnel pour les fêtes.
_ Si tu parles du gui, c'est prévu, mais je ne l'aurais que demain.
_ Non, c'est pas ça !
Dommage pensa Largo. Le gui au -dessus de la porte d'entrée, il n'avait absolument rien contre. Surtout que Joy la franchissait souvent avec lui ! C'était l'une des rares traditions des fêtes de fin d'année qu'il chérissait vraiment et surtout c'était la seule qui ne l'avait jamais déçu !
_ Quoi alors ?
Elle ne répondit pas tout de suite. Le silence se fit assourdissant. C'est alors que Largo avait compris où elle voulait en venir. Il la supplia mentalement : Joy, s'il te plaît, pas ça. Il en a déjà assez fait comme ça ! Je ne sais pas si j'en supporterais davantage.
Vraisemblablement, elle n'eut pas le message puisqu'elle répondit en souriant à Simon :
_ La musique bien sûr. Avec ce somptueux décor, il faut les chants adéquats.
Simon eut un large sourire alors que Largo, un peu plus désespéré, se renfonçait au fond de son fauteuil :

_ Ah, ça ? Mais c'était prévu chère demoiselle... y'a qu'à demander.
Il appuya sur une touche de la télécommande de la chaîne hi-fi. Les chants traditionnels s'élevèrent et envahirent la pièce. Largo mit sa tête sous un coussin. Tentative désespérée pour ne pas entendre ces chants. Rien de ce qu'il avait pu faire, n'avait pas mérité une telle punition ! Voyant la réaction de Largo, Joy fut prise d'un fou rire incontrôlable. Il se fit communicatif et elle fut bientôt rejointe par ses deux amis. Quand ils se furent tous un peu calmés, elle se leva et éteignit la musique.
_ Je crois que ça suffit pour aujourd'hui.
_ Merci, fit Largo en lui dédiant un magnifique sourire.
_ Alors tu penses quoi de ma décoration ?
Largo regarda son ami, son meilleur ami à ce qu'il paraissait. Il était content de lui, un grand sourire ornait son visage. Mais on pouvait y lire aussi une pointe d'inquiétude. Pour une raison que Largo ignorait, cela paraissait important pour Simon qu'il apprécie cette décoration.... Il regarda Joy. Elle souriait toujours. Ca faisait des jours qu'elle n'avait pas souri. Elle aussi semblait avoir des problèmes et quelques vieux contentieux à régler avec Noël. Comme son sourire avait pu lui manquer ! Regardant toujours Joy, il lui répondit :
_ Elle a certains mérites indéniables.
_ Génial. Donc tu la gardes ?
Largo soupira.

_ Oui, mis à part les chants ! Faut pas pousser !
Joy ajouta son grain de sel :
_ Il peut pas faire autrement. Il ne faudrait pas faire disparaître les preuves de ton travail et de ton engagement envers le groupe W avant que d'autres n'aient pu le constater !
Simon pour toutes réponses lui fit une belle grimace . Puis se dirigeant vers la sortie, il dit :
_ Bon c'est pas tout ça. Il faut que j'aille ranger tous ces emballages et j'ai encore quelques petits trucs à faire. A tout à l'heure.
_ A tout à l'heure !
Simon sortit et laissa Joy et Largo en tête à tête.
Dès que Simon eut refermé la porte. Largo soupira et regarda effaré l'état dans lequel se retrouvait son appartement !
_ Bon Dieu ! Qu'est-ce qui lui ait passé par la tête ? Je croyais pourtant que le fait d'exercer ses talents dans les divers étages du groupe l'occuperait largement jusqu'à son départ et l'empêcherait de venir agir par ici !

Joy en contemplant ce qui l'entourait :
_ Mauvais calcul. Tu l'as sous-estimé, si j'en crois ce que je vois. T'as juste gagné plus de décorations dans la Tour et l'impossibilité de ne pas en trouver une sur ton chemin lors du moindre de tes déplacements!
_ Ouais, je me suis fait avoir en beauté!
Largo soupira à nouveau. Il leur servit un verre. Il avait bien besoin d'un remontant
Après avoir accepté le verre d'un sourire, elle lui demanda :
_ Tu n'aimes pas tout ça, n'est-ce pas ?
Largo lui lança un regard indéchiffrable
_ Pas plus que toi, je crois. Le dernier bon souvenir de Noël remonte à mes dix ans. J’habitais encore chez les Gleiber à cette époque. Dans un charmant village situé dans la montagne. Au Luxembourg. Là-bas, Noël était vraiment une fête merveilleuse. Tout le village s’y mettait pour la rendre inoubliable. Chaque maison se voyait attribuer un numéro et durant tout le mois de décembre, jusqu’au 24. On ouvrait chaque soir une fenêtre de la maison qui avait le numéro du jour. Tout le village venait assister à l’ouverture de la fenêtre. Puis une fois la fenêtre ouverte et admirée, la fanfare jouait quelques morceaux en l’honneur des décorateurs de la fenêtre et saluait ainsi l’inventivité dont ils avaient fait preuve dans la réalisation. Le thème était libre.
_ C’était un calendrier de l’avant, grandeur nature en somme.
_ Exactement. C’était génial. Chaque année, je passais des heures avec Hannah Gleiber à faire tous les préparatifs nécessaires pour cette fête. J’adorais ça.

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Ygraïn
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MessageSujet: Re: Féerie de Noël, vous avez dit?   Lun 1 Mai - 16:10

_ Qu’est-ce qui s’est passé ?
Largo cessa de sourire. Son regard se fit plus dur.
_ L’année suivante Nério m’avait mis en pensionnat. Et alors que tous les autres élèves rentraient passer Noël en famille, moi j’ai du me contenter d’un mandat comme cadeau. Je m’en foutais des cadeaux, j’voulais juste passer un Noël en famille comme les autres enfants et me sentir aimé.
_ Et depuis tu détestes Noël ?
_ C’est à peu près ça. Bien sûr à l’époque de Sarjevanne, les moines faisaientt des efforts et je passais Noël en famille en quelque sorte.
_ Mais ?
_ La messe de minuit était une vraie torture. Toutes ces familles unies qui venaient y assister. Enfants, parents, grand-parents réunis pour partager ces moments. Ca faisait si mal et je me sentais si seul…
Joy acheva pour lui dans un souffle :
_ …si différent des autres. Ce jour là te rappelait plus cruellement qu’aucun autre combien la vie que tu menais était différente de la leur, combien ta situation était anormale !

Largo la regarda dans les yeux. Il pouvait y lire la même douleur qu’au fond des siens. Elle ne parlait pas en l’air. Elle connaissait ce sentiment intimement. Elle avait vécu cela.
_ Exactement. Ca date de quand pour toi ?
Il regretta la question juste après l’avoir posée. Cela ne le regardait pas. Joy resta silencieuse quelques instants. Le malaise de Largo s’accentua un peu plus. Et voilà, il avait tout gâché ! La folie de Simon avait au moins eu le mérite de lui faire retrouver sa bonne humeur. Et lui avec ses histoires, il lui rappelait de mauvais souvenirs. Il pouvait vraiment agir comme un idiot, parfois !
Perdue dans ses pensées, Joy ne remarqua pas le conflit intérieur de son compagnon. Elle n’aimait pas parler d’elle, c’était vrai. Mais cette fois-ci, elle était sûre qu’il la comprendrait et ne la jugerait pas. Et puis lui aussi s’était dévoilé et lui avait dit des choses intimes qu’il n’avait sans doute même jamais racontées à Simon. Elle finit donc par répondre :
_ Je suppose que j’ai eu un petit peu plus de chances que toi. Ca a eu lieu bien plus tard. Petite, j’ai eu de beaux Noël même si les cadeaux que j'avais ne ressemblaient pas toujours à ce que j'avais commandés au Père Noël et que souvent je ne pouvais pas les comparer avec mes copines d'écoles ni y jouer avec elles. Il y avait déjà ce sentiment de solitude, de différence, mais c'était supportable, pas si fort. Puis il y eut ce clash. Je m'en souviens encore dans les moindres détails, c'était le 23 décembre 1988. J'étais en train de farfouiller dans le carton des décorations dans le grenier. Chez nous, on décorait en effet la maison et on faisait le sapin le premier week-end des vacances scolaires. J'avais une guirlande verte à la main quand le téléphone a sonné. J'ai dégringolé l'échelle à toute vitesse... cette foutue guirlande à la main et j'ai décroché. Une voix de femme inconnue a demandé à parler à Mr Arden. C'était de la part de l'hôpital du comté. J'ai été cherché mon père et je suis restée à côté. Quand il a eu fini sa conversation, il est resté quelques instants immobile le combiné à la main. Puis il a raccroché. Il a dit qu'il devait aller à l'hôpital, que... que maman avait eu un accident, elle ne serait pas là pour les fêtes. Il m'a embrassée, a demandé à la voisine de me garder et il est parti avec le voisin qui avait proposé de conduire jusque là-bas. L'hôpital était assez loin de chez nous...
Avant qu'il ne franchisse le seuil, je lui ai demandé si c'était grave et si maman allait s'en sortir. Il m'a répondu que les médecins faisaient tout ce qu'il fallait, puis il est parti. J'ai lâché la guirlande et je suis allé me jeter sur mon lit et j'ai pleuré en serrant mon ours en peluche... j'ai pleuré et prié pour qu'elle s'en sorte. Je me souviens que la voisine a fini par venir voir ce que je faisais. Je lui ai demandé si elle allait mourir. Elle n'a pas su quoi répondre et m'a laissée seule comme je le demandais. J'ai fini par m'endormir. Je me suis réveillée en plein milieu de la nuit et je me suis levée. Le lit de mon père n'était pas défait. Je suis descendue. Une bougie était allumée dans la salle. J'y ai trouvé tout un tas de personne dont mon père, qui pleurait. J'ai compris tout de suite. Je ne reverrais plus jamais ma mère et je n'avais même pas pu lui faire mes adieux... Les gens ont fini par quitter cette salle. Mon père m'a pris dans ses bras et on a regagné les chambres. Il m'a encouragé à pleurer, cela me ferait du bien selon lui. On s'est endormis dans les bras de l'un de l'autre tous les deux en larmes... Depuis ce jour, je n'ai jamais pu reparticiper à une messe de Noël et j'ai le plus grand mal à supporter Noël et tout particulièrement les guirlandes vertes !
Joy essuya d'un revers de la main les larmes qui avaient coulé et se tourna vers Largo qui durant son discours était venu s'installer à côté d'elle et l'avait prise dans ses bras :
_ C'est idiot, non ?
Largo lui caressant le visage sous le prétexte d'essuyer une larme récalcitrante dit d'une voix douce :

_ Non, simplement humain... finalement, je me rends compte que j'ai eu beaucoup plus de chance que je ne pensais.
Joy fit un pauvre sourire :
_ Quelle bande d'éclopés, on fait ! Toi, moi, Kerensky et même John Sullivan, on semble tous avoir quelques problèmes avec les fêtes de famille !
_ Ne dit-on pas : Qui se ressemble, s'assemble !... après une pause, il ajouta en contemplant ce qui l'entourait : On a même l'exception qui confirme la règle : Simon semble adorer cette fête !
Joy regardant elle aussi les décorations :
_ Oui, je crois aussi... C'est sans doute son côté enfant qui ressort...encore plus que d'habitude.
Largo sourit.
Le silence s'installa. Joy était toujours dans les bras de Largo et ne faisait aucun geste pour se dégager. Largo savourait l'instant. Joy leva la tête vers lui, leurs visages étaient proches...si proches...
Une musique se mit à retentir dans l'appartement et brisa le charme. Ils s'éloignèrent rapidement l'un de l'autre et bondirent sur leur pied.

_ SIMON !!!
Ils se tournèrent vers la porte, puis se regardèrent et éclatèrent de rire. Il n'y avait en effet personne d'autres qu'eux dans la pièce. Ils avaient été un peu trop vite dans leur jugement. Largo se reprenant, chercha à savoir d'où venait cette musique. Cela semblait venir de sa chambre. Il s'y rendit et revint quelques instants plus tard avec un réveil en forme de sapin dont la sonnerie se voulait être une imitation de Jingle Bells.
Il marmonna entre ses dents :
_ Je vais le tuer !
Joy éclata à nouveau de rire en voyant Largo s'escrimer contre ce réveil pour le faire taire. En vain, il n'y arrivait pas. Elle finit par s'en emparer et quelques secondes plus tard, la sonnerie stoppa.
_ Ouf. Merci !
_ Je crois que la blague de Simon est tombée à l'eau. Il a du oublier que la réunion du conseil finissait aujourd'hui une heure plus tôt que d'habitude.
Devant le regard interrogatif de Largo, elle développa :
_ Le réveil était réglé sur 6h30. Il devait sonner cinq minutes puis se taire et reprendre un quart d'heures plus tard et ainsi de suite jusqu'à ce que tu ne le stoppes définitivement. Je pense que c'était prévu pour demain matin. Mais ce type de réveil ne distingue pas les heures de l'après-midi de celles de la matinée.

_ Encore heureux. Il est hors de question que ce type de musique me tire du lit. Les journées sont bien assez dures. Inutile que la torture commence dès le réveil.
Joy sourit :
_ Au fait, il fait quoi Simon ? Ca fait un moment qu'il est parti !
_ Je sais pas, il a dit qu'il avait des trucs à finir !
Prise d'un soupçon, Joy demanda :
_ Que t'avait-il dit quand tu l'avais laissé pour te rendre à la réunion du conseil ?
Largo haussa les épaules :
_ Je sais plus exactement... Qu'il avait des trucs à...
Il s'interrompit brusquement en comprenant où Joy voulait en venir :

_ Oh non, tu ne crois tout de même pas qu'il a recommencé ?
Ils se regardèrent. Pas besoin de réponses. Ils en étaient sûrs tous les deux. Ils se dirigèrent en courant vers l'ascenseur. Direction le bunker. Alors qu'ils commençaient à descendre, Joy dit :
_ On s'inquiète pour rien. Kerensky ne le laissera jamais faire !
_ Tu as sans doute rai...
Il s'interrompit la porte de l'ascenseur venait de s'ouvrir au 50ème étage pour laisser monter Kerensky.
_ C'est pas vrai, soupira Largo.
_ Pourquoi faites-vous une telle tête ?
_ Tu viens d'où ?
_ John m'avait appelé. Il a divers problèmes avec son PC. Quel est le problème ?

_ Tu as quitté le bunker depuis combien temps ?
_ Un peu plus d'une demi-heure. Qu'est ce qui se passe ?
Largo regarda Joy :
_ Tu crois qu'on arrive trop tard et que ça lui aura suffi ?
_ J'en ai bien peur !
Ils soupirèrent, désabusés.
_ Bon sang, vous allez me dire ce qu'il y a à la fin ?
L'ascenseur arrivait au sous-sol. Ils sortirent. Largo répondit enfin à Kerensky :
_ Si on ne se trompe pas. Tu le verras bien assez tôt !!

En silence, ils arrivèrent devant la porte du bunker. Largo composa son code. La porte s'ouvrit sur le tableau tant redouté par Largo et Joy. Ils soupirèrent à nouveau. Le bunker était lui aussi transformé. Un sapin ornait la " plate-forme " à ses pieds se trouvaient cinq bottes au nom de chaque membre qui avait accès à cette pièce. Des guirlandes couraient le long de la rambarde des escaliers et de divers appareils. Kerensky ne put s'empêcher de lâcher un hoquet de surprise face à ce spectacle. C'était pas possible ! Il cauchemardait ! Qu'avait-on fait à son cher Q.G. ! Soudain, il s'avisa de la présence de Simon. Il était au milieu du bunker et continuait ses décorations, une bombe de fausse neige à la main. Il le rejoignit en quatrième vitesse et lui arracha littéralement la bombe des mains.
_ Non, mais ça va pas ! Y a du matériel fragile ici au cas où tu l'aurais oublié ! Il jeta la bombe dans la poubelle et reprit : Il n'aime guère les aiguilles du sapin ou la fausse neige... T'as intérêt à n'avoir rien abîmé avec ces sottises !
_ Ca va calme toi. J'ai fait gaffe. Le sapin est suffisamment loin de tout matériel pour ne causer aucun problème et y a un sac en -dessous pour contenir toutes les aiguilles...
_ Vaudrait mieux. En tout cas, plus de neige ! Et ne charge pas trop la décoration, ça finit par lui enlever toute âme !
L'incident étant clôt, Kerensky se mit au travail sans plus attendre. De toutes façons, il ne pourrait pas convaincre Simon d'abandonner son idée de décorer le bunker. Enfin, tant qu'il ne mettait plus de neige (vraie ou fausse, d'ailleurs), il tolérerait ses décorations.
Largo et Joy toujours à l'entrée s'étaient à peu près remis. Ils n'auraient jamais pensé que Kerensky le prenne aussi bien. En tout cas, il était dit que cette année, ils n'échapperaient pas au traditionnel sapin et guirlandes. Simon s'apercevant de leur présence leur dit :
_ Ah vous tombez bien. Il reste le sapin à décorer !
_ Génial ! soupira Largo.

Néanmoins quand Joy lui passa une guirlande argentée, il entreprit de chercher la meilleure manière de la mettre. Simon vint les aider. Ils en étaient à la moitié. Largo avait réussi à convaincre Simon de ne pas mettre sa guirlande verte. Soit disant que ce vert ne rendait absolument pas sur le sapin et ne se détachait pas assez. Il avait mis une rouge à la place. Joy lui avait jeté un regard reconnaissant en entendant ce mensonge.
C'est à ce moment que le destin choisit de se manifester et d'ôter toute joie au seul membre de l'équipe qui avait encore l'esprit de Noël ! Cela prit la forme d'un banal coup de téléphone. Joy se raidit. Largo, ayant compris son trouble, s'approcha d'elle et posa une main rassurante sur son épaule. Elle lui sourit avec reconnaissance. C'était Kerensky qui avait décroché.
_ Simon, pour toi. Vanessa.
Simon vint se saisir du combiné. Les autres contemplaient la scène en silence. Plus la conversation avançait, plus le visage de Simon se renfrognait.
_ OK... c'est bon, t'inquiète pas... on s'verra au nouvel an... c'est ça, passe un bon Noël.
Simon raccrocha rageusement le téléphone. C'est pas vrai ! Qu'est-ce qu'elle allait foutre en Egypte ! Noël, c'est les paysages enneigés, pas ceux désertiques !!
Les autres assistaient à ce spectacle, impuissants. Ils ne savaient pas quoi dire pour lui remonter le moral. Il s'était fait une telle joie de passer Noël avec sa sœur !
Simon leur déclara :
_ Changement de programme. Je ne pars plus.
Il traversa la pièce d'un pas rageur.

_ Et le sapin ?
_ Laissez tomber ! De toutes façons, vous vous en foutez tous. Noël ne signifie rien pour vous. Vous aviez tous prévu de travailler. Il ne signifie plus rien pour personne.
Sa voix s'était brisé. Il sortit laissant ses décorations traîner un peu partout et ses amis désemparés. Ils ne pouvaient pas le contredire, c'était la vérité. Se ressaisissant, Largo voulut le suivre, mais Joy et Kerensky l'en empêchèrent :
_ Laisse le, il a besoin d'être seul et de digérer un peu son chagrin.
Kerensky éteignit son ordinateur. Il se leva prit une des boîtes de boules et s'approcha du sapin.
_ Bon, si on le finissait son sapin ? On peut pas le laisser comme ça, à moitié fait.
Aussitôt remis de leur étonnement, Largo et Joy s'empressèrent de l'aider. Mais cela ne se fit pas dans la joie que cela aurait dû être.


Quelques jours, plus tard.

Rien n'avait changé. La morosité avait définitivement gagné tous les membres de l'équipe. L'absence de Simon se faisait cruellement sentir. Ils réalisaient peu à peu que c'était Simon qui jusqu'ici avait évité qu'ils s'enfoncent tous dans la déprime à l'approche des fêtes. Maintenant que lui aussi déprimait, il n'y avait plus personne pour les retenir, pour les convaincre que c'était une période géniale...Ils se côtoyaient, mais n'avaient pas grand chose à se dire. Leur seul sujet de discussion était Simon. Il les inquiétait tous énormément. Personne ne l'avait vu plus de deux minutes, personne ne savait ce qu'il faisait de ces journées ou soirées. Il avait même refusé les sorties en boîte proposées par Largo. Et le temps passa.

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MessageSujet: Re: Féerie de Noël, vous avez dit?   Lun 1 Mai - 16:11

Le 12 décembre arriva.
Il restait un peu plus de10 jours avant Noël. Largo était assis à son bureau. Devant lui se trouvait une pile de dossiers. Ils étaient ouverts, mais Largo n'arrivait pas à se concentrer dessus. Son esprit revenait toujours à Simon. Celui-ci s'était enfin décidé à revenir parmi eux et il s'était remis au travail. Mais quelque chose semblait s'être cassé en lui. Il n'avait même pas fait une remarque sur la manière dont Largo, Joy et Kerensky avaient achevé la décoration. Pourtant il aurait pu. Il fallait bien avouer que le sapin était assez spécial. Ils avaient dû faire avec les moyens du bord pour combler le manque de décorations. Aucun d'eux ne souhaitant se rendre dans un magasin spécialisé. On trouvait donc un peu de tout dans ce sapin : des boules et des guirlandes, mais aussi des fils électriques de couleurs, des composants électriques suspendus, des sculptures qu'ils avaient fait avec du vieux papier qui traînait et divers bazars qu'ils avaient recyclés tels qu'une balle de golf, un vieux porte clef, une barrette, des friandises.... Le résultat n'était pas laid malgré ce qu'on aurait pu craindre, ce sapin avait un charme bizarre et indéfinissable... Mais Simon n'avait rien dit en le voyant, pas de remarques acerbes, pas même un sourire... Largo avait essayé de parler avec lui de son comportement et de ses sentiments, mais à chaque fois il l'avait envoyé sur les roses ou avait détourné la conversation. Et Largo avait abandonné. Simon était là sans être là et ne faisait que bosser. Même si Joy et Kerensky refusaient de le reconnaître à voix haute : ses blagues leur manquaient et ils auraient fait n'importe quoi pour que l'ancien Simon réapparaisse et vienne les embêter...
Largo en était là de ses tristes pensées quand le téléphone sonna. C'était le Père Maurice. La conversation dura une heure et demie. Et comme toujours après une discussion avec le Père Maurice, Largo se sentit mieux. Il était apaisé et voyait les choses plus clairement. Un sourire flottait sur ses lèvres. Il avait enfin trouvé une solution pour arranger les choses et ne pas passer un Noël solitaire. Il se demandait pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt, c'était pourtant si simple. Il n'avait vraiment pas les idées claires en ce moment ! Il demanda à l'Intel Unit et à John de le rejoindre dans son appartement et se replongea en attendant dans l'un de ses dossiers. Cinq minutes plus tard, ils étaient tous là, intrigués par cette réunion impromptue. Largo repoussa son dossier et les regarda :
_ Bien tout le monde est là. Merci de vous être libéré aussi vite. John cessez de regarder cette montre, y en aura pas pour longtemps. Je vous promets que vous ne serez pas en retard à votre réunion avec les japonais.
John se calma. Largo tenait toujours ses promesses et avait eu un comportement exemplaire de chef d’entreprise ces dernières semaines. La preuve, il se souvenait de cette réunion avec les japonais alors que lui-même n’était pas contraint d’y assister.
_ Bon je vais aller directement au fait. J’ai constaté qu’aucun de vous n’avait posé de congés pour Noël. Exact ?
Ils acquiescèrent tous. Etonnés et gênés par une telle entrée en matière… surtout en présence de Simon. Celui-ci d’ailleurs s’était avachi dans un fauteuil et ne prêtait qu’une oreille distraite au propos de Largo. Largo reprit :
_ Bien. J’en déduis donc que personne parmi vous n’a prévu quelque chose pour le réveillon. Toujours exact ?
Nouveaux hochements de tête. Un peu plus gênés encore.
_ Tant mieux, ça m’arrange.
J : _ On peut savoir pourquoi ?
_ Bien sûr, c’est pour ça que je vous ai dit de monter…J’me suis dit que cette année, finalement, j’avais envie de passer un vrai Noël… en famille… Quelqu’un a dit un jour que ce n’était pas les liens du sang qui comptaient , mais les liens du cœur… Notre véritable famille, c’est pas forcément celle où on est né, c’est celle qu’on ressent comme étant la nôtre. C’est celle qu’on se choisit, qu’on se construit et qui s’enrichit au hasard des rencontres… Je me plais à penser que cet homme était un sage… Je vous attends donc tous ici le soir du 24 décembre … Enfin, si vous êtes d’accord.
Les quatre autres personnes restèrent silencieux un petit moment. Largo les avait tous pris par surprise, ils ne s’attendaient vraiment pas à ce genre de discours. Et ils étaient émus. Ils étaient tous si solitaires depuis longtemps. Ils n’auraient jamais pensé se redécouvrir une famille. Leurs vies ne s’y prêtaient pas trop. Simon fut le premier à réagir, une lueur dans le regard :
_ Attends un peu. Si j’ai bien compris, tu nous invites tous à réveillonner dans ton appartement. C’est bien ça ?
Largo acquiesça heureux de voir que l’ancien Simon était en train de réapparaître. La lassitude et la morosité qui avaient marqué son visage depuis le coup de téléphone semblaient avoir disparu.
_ C’est génial, ça. Qu’en pensez-vous les autres ?

Les autres sourirent à l’enthousiasme retrouvé de Simon. Il redevenait enfin lui-même.
C’est en partie à cause de cela et en partie à cause de l’émouvante déclaration de Largo que finalement, ils acceptèrent tous.
_ Bon tant mieux, il ne me reste plus qu’à inviter Monique. John, chargez vous de Kathleen et d’Abby et sa tante. Et n’hésitez pas à utiliser le jet si ça peut vous permettre de les faire venir…
_ D’accord, merci Largo.
_ Euh, moi j’ai encore une question.
Largo regarda Simon. Son sourire goguenard ne présageait rien de bon.
_ Tu crois que tu vas encore trouver un traiteur à temps pour les fêtes ?
_ Euh.. j’sais pas. J’ai pas encore réfléchi à ça .
Su : _ Tous les bons traiteurs ont leur carnet de commande rempli depuis un mois.
L : _ Pas grave, j’ferais la cuisine.

Ses quatre compagnons échangèrent des coups d’œil suspicieux et des grimaces à peine dissimulées.
L : _ Ben quoi avant d’hériter, j’me faisais bien à manger… Et Je ne suis pas mort de faim à c’que je sache !
Joy remarqua : _ Et ce discours est censé nous rassurer ?
L : _ De toutes façons, c’est pas sorcier. Y a qu’à savoir lire. J’ai un très bon livre de recettes ! Je vous assure que vous allez vous régaler…. Il regarda sa montre. Euh, c’est pas que je souhaite vous mettre dehors John, mais vous avez un rendez-vous dans deux minutes il me semble. Et moi, j’ai des dossiers à terminer et un coup de fil à Monique à passer.
John acquiesça et sortit sans rien dire. Les autres même s’ils se dirigeaient vers la sortie ne furent pas aussi disciplinés.
S : _ Pathétique l'esquive !
J : _ Finalement je suis pas sûre qu'on ait bien fait d'accepter l'invitation. On aurait dû dire qu'on venait après manger.

S : _ Et rater l'occasion de voir Largo se démener avec les casseroles ? Tu plaisantes !
J : _ Evidemment, vu comme ça...
K : _ Vous êtes mauvaise langue...
L le coupa : _ Merci de me soutenir, Giorgi. Les autres devraient en prendre de la graine !
Kerensky reprit imperturbable sans tenir compte de l'intervention de Largo et sans sourire : ... Le miracle de Noël devrait intervenir dans ce domaine aussi, non ?
Joy et Simon éclatèrent de rire à cette remarque. Largo esquissa un sourire malgré lui. Il était content de voir son équipe de bonne humeur, mais il aurait préféré que ce ne soit pas à ses dépends !!
L : _ DEHORS !!!
Il décrocha le téléphone et appela Monique. Les autres sortirent.

Pendant les onze jours qui suivirent, la bonne humeur refit peu à peu sa réapparition dans les couloirs du groupe W et resta malgré la désorganisation provoquée par les fêtes et quelques mauvaises surprises concoctées par le conseil. Tout ou presque finit pourtant par s'arranger. Et chacun tant bien que mal réussit trouver le temps d'aller chercher les cadeaux qu'il voulait faire aux autres. Ce fut Largo qui eut le plus du mal. Pour aller les choisir, il devait jongler non seulement entre les horaires de ses différentes réunions, mais en plus avec son service de sécurité. Il ne pouvait pas tout de même pas aller chercher le cadeau de Joy avec elle à ses côtés ! Et Joy refusait de le laisser faire les boutiques avec Simon pour seul garde du corps. Kerensky régla le problème en acceptant de délaisser ses ordinateurs une demi journée pour l'accompagner.

Le 24 décembre arriva vite.
Théoriquement, ils avaient tous eu leur journée de congé. Mais si John en avait bien profité et avait été faire un tour avec sa fille et sa filleule, les autres traînaient tous dans la Tour. Vers 15 heures, Largo fit couper l'électricité dans le bunker pour qu'ils cessent de travailler. En râlant, ils s'exécutèrent et ils montèrent tous dans son appartement . Largo était en plein travail de cuisinier. Il s'en était sorti avec le dessert, mais il semblait avoir quelques problèmes la recette de son plat principal. Finalement, ce n'était pas aussi simple qu'il le pensait. Elle était pas si claire que ça cette recette : trop vague et il manquait des étapes pour les gens qui n'avaient pas l'habitude de cuisiner de grand plats En plus, les moqueries de Joy et Simon ne l'aidèrent pas vraiment à se concentrer...Après s'être bien moqués, ceux-ci se décidèrent à aller l'aider. Mais cela n'arrangea rien. Visiblement ils n'étaient pas plus doués que lui en cuisine... et en plus, ils lui compliquaient la tâche, n'étant pas d'accord dans leur interprétation de la recette. Durant quelques minutes, Kerensky se régala de ce spectacle et des bêtises de ses trois compagnons. Puis il se décida à agir. Cette scène qui se déroulait en cuisine était peut-être savoureuse, mais ce n'est pas ça qui les nourrirait ce soir. Il se leva donc et les rejoignit.
K : _ Pfff, vous n'êtes vraiment pas doués. Dégagez. Je m'en occupe.
S : _ Toi ?
Kerensky le fusilla du regard.
K : _ Je vous laisserais bien faire, mais j'tiens à manger ce soir, moi ! Sans compter qu'en tant que membre du service de sécurité, je ne peux pas laisser Largo s'empoisonner... même par sa propre cuisine. Vous n'avez qu'à vous occuper de la table et des toasts. Ca devrait être dans vos cordes !
S : _ Ok, laissons faire le chef puisqu'il pense faire mieux que nous !

K : _ Ce ne sera pas trop dur !
Simon , Largo et Joy dégagèrent l'espace de la cuisine et allèrent s'installer dans les fauteuils, prêts à se délecter du spectacle qui allait s'offrir à eux. Chacun son tour de rire. Ils durent admettre à contrecœur quelques secondes plus tard que Kerensky semblait bien connaître son affaire et qu'eux, ils s'y étaient pris comme des manches !
Kerensky sans lever la tête de son plat :
_ Largo, je te rappelle que c'est toi qui invite. J'm'occupe du chapon et de la garniture parce qu'il semble que j'en sois le seul capable. Mais le reste, c'est ton affaire...
_ OK. J'y vais, j'admirais juste le spécialiste à l'œuvre... pour une prochaine fois... Je m'occupe de la table. Joy et Simon vous pouvez vous occuper de mettre les cadeaux sous le sapin ? Les miens sont au pied de mon lit.
S&J au garde à vous : _ D'accord, chef !
Largo sourit puis se concentra sur sa table. Il avait intérêt à rattraper ses piètres talents de cuisinier ! Une heure plus tard, il regarda le résultat de ses efforts. Plutôt réussi. Les vieux conseils d'Hannah Gleiber et frère Thomas lui étaient bien revenus en mémoire. Il pouvait être fier de lui sur ce coup là.
Joy et Simon qui avaient fini depuis un moment avec les paquets vinrent admirer le résultat :

J : _ Waou. T'es plutôt doué.
S : _ Ouais, pas mal. Tu sauras toujours en quoi te reconvertir si le conseil réussit à te mettre dehors.
K :_ Ouais, certainement pas en cuisinier !! Mais en clown apprenti-cuisinier avec Simon et Joy, tu as de l'avenir, je pense... votre numéro est un peu à retravailler, mais il se tient.
Les trois concernés éclatèrent de rire à cette remarque.
L : _ Bon d'accord, j'admets, j'ai quelques lacunes en grande cuisine ! Comment tu t'y connais aussi bien, toi ?
K haussant les épaules : _ J'ai du apprendre pour une de mes missions ! Et c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas.
L : En parlant du conseil, quand aura t-on les résultats du laboratoire ?
K : Je les ai appelés tout à l'heure. Ils sont débordés, mais normalement ils devraient avoir fini ce soir.
L : Tant mieux, plus tôt cette histoire sera réglée, mieux ce sera.
La dernière trouvaille d'un des membres du conseil pour écarter Largo était en effet d'avoir répandu la rumeur suivante dans la presse : Largo n'était pas le fils de Nério Winch, mais d'un de ses sosies et c'est ce sosie qui avait contrefait le testament. C'était ridicule, mais suffisamment gros et alléchant pour que la Presse à scandales en fasse ses choux gras. Résultat : les allusions fielleuses se multipliaient autour de Largo à chaque réunion ou conseil. Au début, il l'avait pris plutôt bien. Cette plaisanterie l'avait même amusé sur le coup. Mais là, ça commençait à s'éterniser un peu trop et à lui taper sérieusement sur les nerfs. Pour faire cesser définitivement cette rumeur absurde, il avait fait sous contrôle des tests génétiques et les journaux concernés s'étaient engagés à les publier... avec bien sûr un article d'excuses publiques s'ils s'avéraient qu'il était bien le fils de Nério Winch !

J : _ T'inquiète pas ce calvaire est bientôt fini, ils ont promis d'en communiquer un duplicata à notre équipe dès que possible.... Et puis ce n'était qu'une formalité !
Largo lui sourit.
L : _ Oui... c'est vrai. Mais j'en ai vraiment ras le bol de cette affaire. On en sait plus sur la source des rumeurs ?
J : _ Il semble que ce soit parti de révélations anonymes, confirmées en partie par certaines allusions d'un proche collaborateur lors d'une de ses interview !
L : _ Laisse moi deviner... le " proche collaborateur " en question, ne se nommerait pas par hasard Michel Cardignac ?
J : _ Bingo.
L : _ Décidément, il n'en rate pas une !! Il pourrait au moins respecter la trêve de Noël !
S : _ Là, ça ne révélerait plus du miracle, mais carrément du prodige. Faut peut-être pas trop en demander !
Ils sourirent tous à cette constatation.

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MessageSujet: Re: Féerie de Noël, vous avez dit?   Lun 1 Mai - 16:16

K : _ Oh, là, il a été plus stupide que dangereux ! Ca a été un jeu d'enfant de trouver la source des révélations anonymes!
L : _ Et c'était ?
K : _ un ordinateur d'une salle de réunion du siège de la Winch Airlines.
S : _ Et alors, il y a beaucoup de passages, ça ne prouve pas que c'est lui.
J : _ C'est bien ce qu'a dû se dire Cardignac en montant son plan !
K : _ Ce mail aurait été envoyé le 14 décembre vers 10 heures 30.
S : _ Et alors ?
L : _ Il y a eu un problème avec un chargement peu avant l'ouverture. De grosses fumées suspectes se sont élevées des colis et ont envahi plusieurs étages. Pour plus de sécurité, j'ai du faire évacuer le bâtiment et j'ai donc donné leur journée à tout le monde. Cela permettait de faire tous les test de toxicité dans des conditions optimum... A dix heures trente, exceptionnellement, il n'y avait absolument personne dans les bureaux... et l'équipe de scientifique n'a eu accès qu'au rez- de-chaussée où il n'y a aucune salle de réunion, les autres étages ayant été verrouillés... Mais Cardignac était le seul à ne pas le savoir, il était en déplacement dans une des filiales en Afrique.
S : _ Donc il n'a pas pu envoyé ce mail de cet ordinateur, ni lui ni personne !
K : _ C'est un ancien informaticien... il savait comment faire pour que cet ordinateur envoie son mail à l'heure qu'il avait prévue sans que lui-même ne soit là et utilise cet ordinateur.
Simon ne demanda pas plus de détails. Il ne les comprendrait pas de toutes manières. Il préféra passer à la question suivante. Il demanda donc à Largo :
_ Que vas-tu faire ?
_ Oh je verrais ça avec John après les fêtes... avec un sourire carnassier, il ajouta : Je trouverais bien quelque chose qui le fera réfléchir avant de recommencer ce genre de coup tordu... Bon, on arrête de parler boutique. C'est fête et vous êtes en congé, je vous le rappelle !
Ils passèrent le temps restant avant l'arrivée de autres invités à discuter de tout et de rien et à essayer de deviner ce qu'il pouvait bien y avoir dans les paquets qui leur étaient destinés et qui se trouvaient déjà sous le sapin. Ce fut Joy la plus douée, mais dans l'ensemble ils ne devinèrent pas grand chose. Puis ce furent l'heure de se changer.

24 décembre, 23 heures

Le repas de réveillon s'était globalement bien passé. Chacun faisait des efforts pour mettre de côté ses tristesses et s'amuser franchement. Ils y réussissaient plus ou moins bien suivant les moments... Mais pour une première fête partagée dans cette " famille " recomposée, c'était plutôt pas mal. On pouvait considérer que la fête avait été réussie.
L'émotion et les fous rires avaient été au rendez-vous, notamment juste avant le dessert, lors de la distribution des cadeaux. D'un commun d'accord, ils avaient en effet décidé de faire une petite entorse à la tradition et de les ouvrir avant minuit. Ils avaient choisi de les ouvrir avant de manger le dessert. L'argument de Largo avait été que cela leur permettrait de digérer un peu le succulent repas et de pouvoir ainsi savourer le dessert ensuite. L'argument avancé par Joy et Simon avaient été un peu différent. Selon eux, avec l'excitation et le plaisir provoqués par les cadeaux, les invités seraient plus indulgents avec le dessert. Largo préféra ne pas relever cette dernière boutade, sentant que l'histoire du chapon allait revenir sur le tapis s'il essayait de se défendre, et fit la distribution des cadeaux puisque tout le monde semblait d'accord pour ignorer la tradition.
Il commença par Sullivan. Il eut un stylo plaqué or avec ses initiales gravées dessus de la part de Joy, un bon pour l'installation de divers logiciel qui lui seraient utiles sur son ordinateur de la part de Kerensky, des billets d'avion aller-retour pour aller voir sa filleule ou sa fille de la part de Largo et enfin un livre sur les " différentes manières pour éviter le stress au boulot " de la part de Simon. Ce cadeau les fit bien rire quand John lut à haute voix le dernier conseil rajouté à la main par Simon: la solution la plus sûre reste quand même de changer de patron !! et quand Largo fit mine de s'indigner vertueusement contre les sous-entendus de ce conseil et d'en vouloir à Simon de faire ce genre de propositions... Le cadeau de Monique leur permit de se calmer un peu : c'était un blazer chic et classique. Mais les rires revinrent quand John découvrit le cadeau que lui avait fait Kathleen et Abby... C'était une tenue " branchée "qui étaient, paraît-il, à la mode . Les fous rires s'enchaînèrent quand ils essayèrent tous d'imaginer Sullivan là-dedans... Enfin il avait eu tout un tas de cravates fantaisistes plus folles les unes que les autres de la part de Largo, Joy, Simon, Abby et Kathleen pour renouveler et égayer sa garde-robe.
Les cadeaux de Monique, distribués ensuite, furent beaucoup plus sobres et sérieux. Cela leur permit de reprendre leurs esprit .Elle avait eu de la part de Largo une robe d'un grand couturier français prouvant qu'il pouvait avoir bon goût dans le choix de vêtements.... et beaucoup d'accessoires de mode, des bijoux de la part des autres.
Abby découvrit elle avec émotion : une carte de la part de Largo lui permettant d'emprunter gratuitement aussi souvent qu'elle le souhaitait les avions de la Winch Airlines sur la ligne de New York, un livre de biologie sur le génome humain de la part de Simon (en souvenir de leur rencontre), un logiciel pointu permettant des simulations scientifiques de la part de Kerensky, du magnifique papier à lettres avec un superbe stylo plume de la part de Joy et des vêtements et des bijoux de la part de Joy, Kathleen et John Sullivan.
Kathleen avaient eu comme Abby elle aussi une carte de gratuité pour les vols allers -retours vers New York de la part de Largo et comme Monique de nombreux vêtements et bijoux de la part des autres... mais elle avait aussi eu de la part de Largo quelque chose de beaucoup plus spécial dont la signification échappa aux autres : une page de magazine soigneusement découpée et encadrée. Cette page expliquait les différentes étapes d’une réconciliation … En la lisant, Kathleen éclata de rire et promit à Largo de l’accrocher dans son entrée pour la voir au moins une fois par jour et ne jamais l’oublier…
Simon lui reçut d’abord un grand réveil bien bruyant et un livre sur les “ bonnes manières à adopter en société ” de la part de l’Intel Unit au complet. Cadeau qu’il apprécia moyennement. Mais il retrouva le sourire devant les autres cadeaux que lui offraient chaque membre de l’Intel Unit : il s’agissait de chaussures et divers joujoux high-tech. Puis il eut un costume chic et des chemises sobres et correctes de la part de Monique et Sullivan. Le cadeau suivant vint d’Abby et il lui valut de nombreux commentaires moqueurs : c’était un livre d’initiation au langage scientifique de base… Son dernier cadeau était anonyme et lui valut de nouvelles moqueries : c’était le Discours de la méthode de Descartes… Il soupçonna fortement Joy, Largo ou Kerensky d’en être l’auteur… mais il ne put ni trancher ni le prouver…
Les cadeaux de Kerensky furent plus sérieux, mais ils lui firent tous un grand plaisir. Il avait eu un magnifique jeu d’échec aux pièces rares et sculptées à la main de la part de Joy accompagné d’une note disant : les parties sur le net, c’est bien, mais rien ne vaut le plaisir de jouer avec un jeu bien réel… , des places pour le championnat du monde d’échec de la part de Largo et enfin une paire de charentaises et une bonne bouteille de vodka made in Russie de la part de Simon qui avait bien retenu la mise en garde du russe et avait essayé de faire sobre.
Les rires revinrent en masse quand Joy se mit à déballer ses cadeaux. Elle eut tout d’abord . des bijoux de la part de Sullivan et Monique. Jusque là, ça allait, c’était classique et élégant.. Le cadeau suivant en étonna plus d’un, mais provoqua les rires de Joy, Largo et Simon. Il venait d’Abby : c’était l’intégrale de Star Trek accompagnée d’une note rappelant la définition du quark et la mettant au défi d’en retrouver une mention dans un des épisodes. Simon se fit un devoir d’expliquer l’histoire de ce cadeau aux autres convives et cela entraîna de nouveaux rires. Le suivant venant de Simon. Joy l’ouvrit avec appréhension. Qu’est-ce qu’il avait bien pu lui concocter celui-là ? Elle découvrit avec stupéfaction un punching-ball. Kerensky sourit en voyant que finalement Simon avait suivi ses conseils. Joy, elle, haussa un sourcil interrogateur à la vue du cadeau et attendit une explication. Elle ne tarda pas. Obligeamment et avec un grand sourire, Simon entreprit de lui démontrer que c’était beaucoup plus sain de se défouler et taper là-dessus que sur les gens.. Au milieu des éclats de rire de ses compagnons à l’explication de Simon, Kerensky se surprit à imaginer la réaction de Joy au cadeau prévu initialement par Simon. Il regretta brièvement d’être intervenu, il aurait bien aimé voir la revanche qu’elle aurait exercé…cela aurait été sûrement très savoureux. Il chassa rapidement ses idées, elle ouvrait son cadeau. C’était un tableau de l’un de ses peintres préférés …Elle sourit, le choix était très bon et conforme à ses goûts. Il lui restait un dernier paquet, celui de Largo. Elle l’ouvrit avec précaution et en resta muette d’étonnement. Le contenu en était tout simplement époustouflant: une tenue de soirée complète. La robe venait d’un très grand créateur. C’était une robe de soie et de velours rouge brodée d’or à bustier. C’était un modèle unique et Largo et Kerensky avaient supervisé sa confection avec la plus grande attention. En effet, cette robe avait quelques options bien spécifiques en relation avec le métier et le caractère de Joy. Pour ne pas gêner ses mouvements, la robe ne descendait donc que jusqu’aux chevilles et n’avait pas de traîne, il suffisait aussi de tirer un coup sec sur les manches pour qu’elles se détachent et enfin il y avait une fente stratégiquement placée lui permettant entre autres d’accéder sans problème à l’arme qu’elle avait l’habitude d’attacher à sa cuisse … Mais cette robe restait toute même une superbe robe de soirée, très sexy qui mettrait en valeur la femme qui la porterait… pour le plus grand plaisir des yeux de ceux qu’elle accompagnerait. Avec la robe, il y avait bien entendu, des escarpins et un sac à main adéquat, mais il y avait aussi une magnifique parure comprenant collier, boucles d’oreilles et bracelet … Largo n’avait vraiment pas fait les choses à moitié. Et Joy en avait perdu ses mots en voyant le cadeau. Ne sachant que dire, elle se contenta de le remercier d’une manière qui satisfit tout à fait Largo… un simple baiser.

Elle refusa d’essayer immédiatement le cadeau, mais promit de le mettre lors du prochain gala officiel… pour qu’ils puissent tous l’admirer à loisir.
Ce fut enfin le tour de Largo. Il avait décrété que l’hôte passerait le dernier. Il reçut d’abord un livre avec “ les mille et une astuces pour ne rien faire au bureau tout en paraissant travailler dur ” de la part de Simon, livre qui fut immédiatement confisqué par John Sullivan sous prétexte que Largo n’avait absolument pas besoin de conseils supplémentaires dans ce domaine et qu’il se débrouillait très bien tout seul. Cela provoqua de nombreux éclats de rire dans l’assistance. Sullivan lui donna en échange ses propres cadeaux en lui disant que ceux-ci seraient bien plus appropriés et bien plus utiles pour lui. Ces paquets contenaient un agenda et un livre sur le BABA des règles de management dans les entreprises privées. Nouveaux rires autour de la table. Largo fit une grimace et essaya de rééchanger les cadeaux préférant tout compte fait celui de Simon. Il échoua… et se décida donc à ouvrir celui de Monique. C’était un costume… et une cravate… Largo croisa son sourire moqueur et sourit à son tour. Il porterait le costume, comme d’habitude Monique avait preuve d’un goût très sûr, mais il était absolument hors de question qu’il mette la cravate avec… même sous la torture. Il eut ensuite envoyé par le Père Maurice plusieurs ouvrages dans des éditions rares. Il sourit en voyant quelques titres, le Père Maurice avait preuve d’humour dans son choix : L’Enfer de Dante, des Poèmes de Rilke… Décidément, ils avaient tous décidés de se moquer de lui. Il n’attendait pas autre chose de la part de Simon, mais de la part de Sullivan et du Père Maurice c’était étonnant. Il lui restait deux paquets. Ils étaient de la part de tout le monde. Il fit mine de les ouvrir avec la plus grande prudence. Ils se demandaient ce qu’ils avaient encore bien pu trouver pour se moquer. Le contenu le laissa sans voix et lui amena les larmes aux yeux. C’était le plus beau cadeau qu’on lui ait jamais offert. C’était deux livres d’or. Le premier répertoriait tous les gens de sa famille de cœur : avec des photos, le récapitulatif des conditions de leur rencontre, divers anecdotes qu’ils partageaient avec lui et divers commentaires disséminés ici et là. De nombreuses pages avaient été laissées blanches à la fin pour toutes les futures rencontres… Le second parlait de Nério, mais Nério l’homme, pas le grand directeur du groupe W. Il y avait beaucoup de photos. Pour la plupart, Largo ne les connaissait pas du tout.. Il y en avait même une ou deux où Nério et Largo étaient ensemble… Largo se demanda comment ses amis avaient bien pu se les procurer… Accompagnant les photos, il y avait de nombreux témoignages des amis de Nério. Mais surtout il y avait plusieurs anecdotes prouvant que Nério, tout distant qu’il était, était profondément attaché à son fils…
Largo ne put juste que murmurer : _ Ca a dû vous prendre un temps fou de collecter tout ça…
Pour chasser un peu l’émotion et permettre à Largo de se reprendre, Simon alla mettre de la musique et entraîna Abby dans une “ danse ” complètement folle. Après quelques éclats de rires saluant l’interprétation de Simon, ils furent bientôt rejoints par la majorité de convives.
Kerensky choisit ce moment là pour s’esquiver discrètement de la soirée. Pas assez discrètement, néanmoins puisque Largo s’en aperçut et le rejoignit quelques instants plus tard devant l’ascenseur :
_ Tu t’en vas déjà ?
_ Non, j’vais juste chercher les résultats de l’analyse.
_ Tu pourrais téléphoner !
_ Un soir de Noël ? Non, ça ira bien plus vite si j’y vais moi-même !
Largo ne fut qu’à moitié convaincu par les arguments de Kerensky, mais il respecta sa décision :
_ Si tu y tiens ! Tu reviens après ?
Kerensky sourit :
_ Bien sûr. Je m’en voudrais de rater ton fabuleux dessert !
Largo sourit :
_ Quand allez-vous m’lâcher avec mes dons culinaires ?
_ Jamais, je pense. A tout à l’heure !
_ Ok.
Largo retourna à la fête et rejoignit Joy sur la terrasse. Elle semblait un peu mélancolique, même si elle faisait des efforts pour le cacher. En la contemplant, Largo oublia tout le reste.

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MessageSujet: Re: Féerie de Noël, vous avez dit?   Lun 1 Mai - 16:17

Vingt cinq minutes plus tard…
Kerensky ressortit de l’hôpital, le duplicata des analyses dans poche. Il ne regagna pas sa voiture, mais resta dehors un instant. Debout, immobile. Il respira profondément. L’air froid lui piquait la peau. Mais ça n’avait aucune importance. Il resta là perdu dans ses pensées. Il n’avait pas tout à fait dit la vérité à Largo. S’il avait décidé de s’y rendre en personne, ce n’était pas pour aller plus vite. Il avait juste besoin de sortir un moment. De fuir un peu la joie et les rires et de se retrouver seul avec ses souvenirs. Bien sûr, c’était le meilleur Noël qu’il ait passé depuis longtemps. Mais c’était justement ça le problème… Tout à coup, il s’était senti étranger au milieu de cette joie, comme si sa place n’était pas là… et plus les gens riaient et s’amusaient, plus la douleur augmentait… C’était idiot, il le savait et il ne voulait pas gâcher la fête de ses amis, ils en avaient tous tellement besoin… Il lui fallait juste un peu de temps pour se reprendre et être prêt à s’amuser de nouveau. Ca finirait par passer, il avait l’habitude. C’est à ce moment que son regard fut attiré par une ombre fluette en robe blanche… Il s’agissait d’un petite fille. Elle avait l’air très triste surtout pour le soir de Noël. Elle contemplait la lune et les étoiles. Kerensky se demanda ce qu’elle faisait seule dehors cette nuit : Ces parents étaient complètement inconscients de la laisser seule ! En plus, elle allait prendre froid : elle était vêtue très légèrement alors qu’il devait faire à peine zéro. Sans compter qu’on pouvait faire de mauvaises rencontres à se promener ainsi sans protection, la nuit. Il s’approcha d’elle doucement, inquiet et mit son manteau sur ses épaules :
_ Tu vas prendre froid !
Elle ne répondit pas, lui jeta un vague regard en haussant les épaules et reprit sa contemplation. Kerensky s’assit sur le muret à ses côtés et regarda un instant le ciel étoilé avec elle sans un mot.
_ Qu’est-ce qui va pas ?
_ Tout ou rien.
Kerensky sourit un peu au ton péremptoire de la fillette, mais en même temps son cœur se serra : si jeune et déjà si désabusée !
_ Pourtant c’est le soir de Noël ?
_ Et alors ?
_ Rien.
Après un moment de silence complice, il dit une voix douce, contemplant toujours l’astre lunaire :
_ Autrefois, on croyait que la lune était une déesse qui veillait et protégeait les femmes.
_ C’est vrai ?
Kerensky content de voir enfin autre chose que de la tristesse et de la lassitude sur son visage poursuivit :
_ Oui, on lui a même dédié un jour : le lundi. Elle faisait peur à certains, rassurait d’autres, mais ne laissait personne indifférent. On la voyait comme une déesse fière et sauvage, libre, ne laissant personne décider pour elle.
_ Moi, elle me plaît bien !
Kerensky sourit :
_ Elle a toujours plu aux femmes et aux petites filles. C’est sans doute pour ça qu’elle réalisait surtout leurs vœux et veillait discrètement à ce que leur vie soit la plus belle possible…
_ Elle devrait peut-être se réveiller. Y a pas mal de boulot qui l’attend !
_ Oui, mais les gens n’y croient plus.
_ Pour moi, j’imagine que là haut tout est plus beau, qu’il y a des endroits magnifiques qui n’ont pas été souillés et que j’aimerais voir.
_ Il te suffit de fermer les yeux. Tu les verras.
La petite fille sourit .
_ Peut-être… j’aimerais tellement partir loin d’ici. Tout est trop triste, rien ne fonctionne normalement… Tu vois ma petite sœur, elle est gravement malade… Elle avait un souhait pour ce soir… oh ce n’est pas grand chose… elle voulait même pas être guérie, elle sait bien que ce n’est pas possible… elle voulait juste voir le père Noël… et même ça elle l’a pas eu. Les infirmières avaient bien prévu un faux père Noël pour tous les enfants du service, mais il est tombé malade… et elles n’ont pas trouvé de remplaçant. Résultat, personne n’est venu…
_ Ca peut encore changer ! Il a pu avoir un empêchement.
Devant le regard de reproches de la fillette, il ajouta :
_ Il paraît que Noël est la période des miracles et des bonnes surprises !
_ Il paraît mais j’y crois pas !!
Kerensky se leva :
_ Tu as tort. Ca arrive au moment où on s’y attend le moins ! Ne désespère jamais. La vie fait parfois de beaux cadeaux.
La fillette lui sourit désabusée et ne répondit pas. Elle lui rendit son manteau et dit :
_ Merci, je crois que je vais rentrer. Ils vont finir par s’inquiéter.
_ Ca serait mieux, oui.
Il s’assura qu’elle rentrait bien, puis partit de son côté, pensif. Il ne rejoignit pas sa voiture, mais se dirigea vers le côté opposé.
Cela étonna Joy qui était arrivée peu de temps avant, se demandant ce que Kerensky pouvait bien fabriquer. Il ne fallait pas autant de temps pour récupérer des analyses ! Elle avait profité de l’occasion au grand dam de Largo pour s’éclipser un petit moment. Cette fête était bien… plus que ça en fait... elle avait passé des moments beaucoup plus agréables qu’elle ne l’avait jamais rêvé… mais il lui manquait quand même un petit quelque chose… mais elle n’aurait pas su dire quoi. Elle l’avait vu près de l’entrée à côté d’une petite fille et n’avait pas osé les déranger. Elle était allée près de la voiture de Kerensky pour l’attendre… elle-même était venue à pied… mais à sa surprise une fois sa conversation terminée, il n’était pas venu la rejoindre. Il avait failli, mais quelque chose lui avait fait changer d’avis au dernier moment et changer de direction. Joy avait surpris une drôle de lueur dans son regard.

Intriguée par son comportement, elle décida de ne pas lui révéler sa présence et de le suivre discrètement à distance. Trop préoccupé par le souvenir de cette fillette et la décision qu’il venait de prendre, il ne remarque pas cette filature. Il entra dans un bazar, le seul dans le coin à être encore ouvert à cette heure tardive. Quelques instants plus tard, elle le vit ressortir avec quelques paquets sous le bras. Il souriait. Visiblement, il avait trouvé ce qu’il cherchait.
En fait, il lui manquait encore quelque chose… quelque chose d’essentiel qu’il ne savait pas où trouver. C’est alors que le destin se décida de lui donner un coup de pouce pour réaliser son projet… Un père Noël pas très frais qui faisait à peu près sa taille et qui avait l’air d’avoir pas mal bu, sans doute pour oublier lui aussi sa triste vie, sa triste condition, sortit d’un bar. C’était pas tout à fait ce que Kerensky espérait : il ne pouvait pas décemment faire un père Noël qui apporte le rêve à une petite fille, mais…
Joy au loin le vit s’approcher de cet homme déguisé. Quelques billets changèrent de mains, le Père Noël enleva son costume, se retrouvant en caleçon long, et le donna à Kerensky.
Joy comprenait de moins en moins ce qui se passait et se dissimula un peu plus.

Il se dirigeait maintenant vers sa voiture. Il acheta en passant quelques roses et demanda à la fleuriste un supplément de papier. Puis il alla à sa voiture, récupéra un livre dans le coffre et l'emballa tant bien que mal dans le papier remis par la fleuriste. Joy l'épiait toujours discrètement, de plus en plus intriguée par ses actions . Il prit le tout et rentra dans l'hôpital. Il ne monta pas dans les étages, comme elle s'y attendait, mais se dirigea vers les toilettes pour hommes à côté de la salle d'accueil. Joy se glissa dans la salle d'accueil et se dissimula parmi la foule attendant qu'il ressorte… Bien décidée à percer tous ses mystères… Elle n'était pas paranoïaque, mais les actions de son collègue étaient vraiment bizarres et elle détestait ne pas comprendre. Une minute passa. Puis deux. Il ne ressortait pas. Joy s'impatientait. Elle entendit la porte s'ouvrir, ce n'était pas la silhouette aux cheveux blonds qu'elle espérait, mais un père Noël. Elle sourit… Puis se troubla. Elle n'avait pourtant pas vu y entrer de père Noël. Et puis, quelque chose en lui, lui semblait étrangement familier. Elle l'observa d'un peu plus près et avec stupéfaction le reconnut. C'était son collègue et ami, c'était cet homme qui lui avait dit le jour où ils avaient été embauchés : Inutile de faire appel à ma conscience, je n'en ai pas. Il n'avait peut-être pas de conscience ainsi qu'il le disait, quoique sa propre expérience semblait prouver le contraire... mais en tout cas, il avait un cœur. Il ne le montrait pas, mais il pouvait être si sensible parfois. Joy sentit ses yeux picoter en comprenant le sens des actions précédentes de son ami. Elle se ressaisit et se remit à le suivre discrètement. Il se dirigeait vers un service consacré aux enfants .
Les infirmières regardèrent avec étonnement, mais en souriant cet homme inattendu venu apporter du bonheur. Il se mit à faire comme tout bon père Noël qui se respecte des Ohoh les enfants… vous avez été sages ?. Aux portes des chambres, apparurent quelques enfants. Les yeux bouffis de sommeil s'écarquillèrent en voyant cette silhouette dans le couloir. Des sourires, des rires apparurent et se propagèrent dans le service. On entendit des bruits de cavalcade, de corps qui se lèvent précipitamment, de fauteuils qui se poussent ou de lits à roulettes qui s'approchent aussi près qu'ils le pouvaient des portes. Des chuchotements couraient dans le couloir et les chambres , réveillant ceux qui dormaient encore : le père Noël est là, il est venu, il ne nous a pas oublié sJoy toujours en retrait était témoin de ce spectacle, une boule lui nouait la gorge.
Giorgi aussi était pris par ses émotions, mais un sourire se mettait à flotter sur ses lèvres en voyant les yeux brillants et les sourires d'excitation des gamins. Au fond Noël, ce n'était pas si mal que ça !

Une infirmière appela une ou deux de ses collègues qui se mirent en devoir d'aller chercher les gamins qui avaient été réveillés, mais qui ne pouvaient venir seuls jusqu'à leur porte et qui n'avaient eu personne pour les aider. Elle même dirigea ce Père Noël et les enfants qui se pressaient déjà autour de lui vers la salle de garde normalement dévolue aux infirmières qui avait été décorée et où on avait un peu caché dans les recoins le matériel médical pour lui donner un aspect plus festif… La distribution de cadeaux ne pouvaient pas se faire dans le couloir quand même et il ne faudrait pas que l'un des enfants attrapent froid !
Il se mit à distribuer des cadeaux sortis de son sac aux enfants. Oh, ce n'était pas grand chose, il n'avait pas eu beaucoup de choix dans ce bazar nocturne… Mais aux yeux de ces enfants, ces cadeaux inattendus étaient magnifiques, aussi merveilleux que le père Noël qu'ils avaient devant les yeux. La petite fille qu'il avait croisée plutôt fut une des dernières à paraître devant lui accompagnée d'une autre petite fille, ça devait être d'elle dont elle lui avait parlé … son cœur se serra un peu… elle semblait si fragile, si affaiblie et pourtant elle portait sur lui un regard si lumineux et si heureux. Il sortit de son sac deux cadeaux : un semblable à ceux qu'il avait déjà beaucoup distribués et un autre fait grossièrement avec du papier kraft qui semblait plus lourd que les autres. Il tendit ce dernier avec une des roses qu'il avait achetées à la petite fille qui l'avait conduit à être là . Il lui dit en lui faisant un clin d'œil :
_ il n'y a pas que dans les étoiles qu'il y a des endroits magnifiques.
Elle lui fit un sourire sceptique et entreprit de déchiqueter l'emballage. Le papier libéra un magnifique livre de photos. C'était ce qu'il avait été récupéré dans sa voiture. Il l'avait acheté pour lui. Pour ne pas oublier que le monde pouvait être beau. Qu'il y avait des choses magnifiques sur Terre et que ça valait le coup de se battre pour vivre et les contempler. En plus certaines de ces photos représentait des coins qu'il avait vus et lui rappelaient de bons souvenirs… Le sourire de la fillette s'élargit en voyant son cadeau, ses yeux brillaient comme les étoiles qu'elle contemplait tout à l'heure. Il n'y avait plus de traces de la détresse qui l'avait tant interpellé un peu plus tôt… Elle balbutia un merci. Elle ne pouvait rien dire d'autres. Mais ce n'était pas nécessaire. Giorgi Kerensky était véritablement heureux… Tous avaient eu un cadeau, des jouets pour les enfants, une rose pour les adultes présentes dans la pièce.
La petite fille se figea soudain et se désintéressa du livre. Kerensky fut étonné. Sentant son interrogation, elle lui montra une petite fille à l'écart pauvrement vêtue, malade elle aussi, qui se tenait pas très loin de la porte et qui n'osait pas approcher. Elle contemplait les yeux avides les autres enfants qui jouaient avec leur cadeau… Kerensky se crispa : Et zut ! Il n'avait plus rien. Pourtant il avait pris tout ce qu'il pouvait au bazar et avait espéré que ce serait suffisant. Visiblement, ça ne l'était pas… qu'allait-il pouvoir faire ? Il ne pouvait pas laisser cette fille sans cadeau… il était venu réparer une injustice pas en créer d'autres !…
Joy s'était dissimulée dans un coin de la salle et avait suivi discrètement toute cette distribution, les larmes aux yeux. Son cœur se remplissant lui aussi de la joie qui éclatait dans cette salle et réapprenant à voir et à goûter la magie de Noël. Elle s'aperçut de cette crispation, elle chercha ce qui avait troublé Kerensky. Elle vit la fillette puis se tournant à nouveau vers son ami, elle vit le sac vide à ses pieds. Elle avait compris. Elle enleva le bracelet qu'elle portait au poignet. Puis cherchant des yeux un papier, aperçut par terre une étoile dorée dont une des étoiles qui formait une face se décollait un peu, faisant ainsi une cavité où on pouvait glisser quelques chose. Elle la ramassa, y glissa son bracelet, referma avec le scotch qu'elle avait trouvé sur une étagère face à elle. Puis avança vers la lumière à l'intérieur de la pièce.
Kerensky était toujours accroupi au même endroit. Il ne savait toujours pas quoi faire. La fillette au livre le regardait, pleine d'attention aux moindres de ces gestes…
Il entendit soudain une voix douce l'appeler derrière lui.
_ Père Noël !
Cette voix, il la connaissait, mais il ne l'attendait pas. Il ne voulait pas qu'elle le voit costumé ainsi, mais c'était trop sans doute trop tard. Il se retourna. Son appréhension se trouva confirmée, c'était bien Joy. Heureusement, elle était seule... par miracle, Simon ne se tenait pas à ses côtés. Il soupira mentalement de soulagement. Avec Joy, il trouverait sûrement un moyen de s'arranger pour que cette histoire ne s'ébruite pas... Il la défia du regard... mais son visage s'adoucit quand il vit qu'il n'y avait aucune trace de la moquerie redoutée dans son expression.

Elle reprit d'une voix hésitante :
_ Père Noël, je crois que vous avez perdu cela. Elle lui tendit une étoile. Ce cadeau a dû tomber de votre sac quand vous avez déchargé, tout à l'heure.
Giorgi la regarda incrédule, puis un sourire joua sur ses lèvres.
_ Merci... il rajouta de son ton jovial de père Noël je crois que je commence à me fatiguer et à me faire un peu trop vieux pour tout ça.
Avec un bel ensemble, plusieurs enfants s'arrêtèrent de jouer et s'écrièrent encore :
_ C'est pas vrai... Puis d'abord, tu peux pas vieillir ...

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MessageSujet: Re: Féerie de Noël, vous avez dit?   Lun 1 Mai - 16:19

Les adultes sourirent à ces mots et à la vigueur avec laquelle ils avaient été prononcés.
_ Bon d'accord, mais... Merci Mademoiselle de me l'avoir rapporté, je devrais peut-être vous embaucher pour m'aider, il semble que mes lutins ne suffisent plus et vous êtes bien plus jolie qu'eux... Hein les enfants ?
_ Oui crièrent-ils en chœur
Joy sourit, un peu gênée
_Merci... Père Noël. Mais c'était normal.
_ Tss Tss... Tenez voilà pour votre peine.
Il prit une des roses qu'il lui restait, la coupa et la mit dans les cheveux de Joy. Les enfants applaudirent à ce spectacle. A son grand étonnement et à son grand déplaisir, Joy se sentit rougir. Elle se sentit encore plus furieuse contre elle en croisant le regard sarcastique du russe à cette réaction. Heureusement, il finit par détourner son regard et se retourner vers les enfants en retournant l'étoile dans tous les sens.
_ Alors voyons voir pour qui est ce beau paquet en étoiles.
Les bruits s'assourdirent. Chacun fixant avec envie cette étoile dorée qui semblait rayonner et envahir la pièce. Le Père Noël regarda chaque enfant puis son regard se fixa sur la petite fille de l'entrée..

_ Oh je crois que c'est pour la petite fille là-bas, près de la porte qui essaie de se cacher derrière la jolie infirmière... Allez viens.
L'infirmière en question, la poussa devant elle :
_ Allez vas y, Marine. N'aie pas peur.
D'autres enfants l'encouragèrent, elle fit quelques pas timides pour s'approcher.
Le sourire et la voix de Giorgi se firent encore plus doux :
_ Approche, n'aie pas peur. Je n'ai encore jamais mangé de petites filles surtout quand elles sont aussi jolies et sages que toi, petite Marine.
Joy sourit à ces paroles. Qui auraient pu deviner qu'il pouvait y avoir une telle douceur chez Kerensky ? Certainement pas ceux qui avaient eu affaire à l'ex agent du KGB... !
Marine finit par arriver devant ce père Noël qui avait des yeux si gentils. Il lui tendit l'étoile.
_ Tiens. Ouvre le.

Elle saisit l'étoile avidement et s'éloigna un peu. Elle s'assit et retourna un moment l'étoile entre ces doigts. Elle n'arrivait pas à croire que ce cadeau était pour elle. Elle finit par se décider à l'ouvrir. Elle le fit délicatement pour n'abîmer aucune des branches de l'étoile. Un bracelet de corail s'échappa à la grande surprise et au grand émerveillement de la petite Marine. Elle n'avait jamais rien vu d'aussi beau et c'était pour elle. Giorgi reconnut avec stupéfaction le bracelet qui avait orné au début de la soirée le poignet de Joy. Il leva les yeux vers elle. Elle haussa les épaules comme pour dire, elle en avait plus besoin que moi. La petite fille au livre, le ramassa et le mit autoritairement au poignet de la petite Marine. Giorgi ramassa ses affaires, il était temps de repartir. Ils allaient finir par s'inquiéter au groupe et Kerensky n'avait pas franchement envie que le reste de l'équipe débarque et le trouve dans ce costume ! Les infirmières comprirent. L'une d'elles dit :
_ Dites au revoir, les enfants. Le père Noël doit partir, il a d'autres gens à aller voir...
Les enfants arrêtèrent de jouer. Ils étaient un peu triste, mais ils savaient que d'autres comme eux devaient l'attendre impatiemment. Ils lui dirent au-revoir et pour accompagner son départ, ils se mirent à chanter cette chanson qui lui rendait hommage : Petit papa Noël...
Giorgi sourit et avec Joy, ils allèrent vers les ascenseurs. Ils s'apprêtaient à y monter quand Giorgi sentit qu'on lui agrippait la manche. Il baissa la tête dans cette direction. Il croisa le regard bleu de la fillette pour qui il avait fait tout ça. Elle lui fit signe de se pencher un peu plus. Il s'exécuta. Elle lui murmura à l'oreille : Merci , merci pour elles. Marine n'a jamais eu grand chose à elle et rien d'aussi beau. Ma sœur n'a jamais été aussi heureuse. Pardon de ne pas avoir cru en vous et dites à vôtre ange qu'il avait raison.
_ Il avait raison, à propos de quoi ? demanda Joy.
_ A Noël, certains miracles se réalisent et la magie peut vivre quelques heures.
Elle planta un gros bisou sonore sur la joue de Kerensky et s'enfuit en courant retrouver les autres enfants dans la salle de garde.
Kerensky en resta tout ébahi. Joy dissimula un sourire face au comportement enhardi de la fillette et à la tête qu'avait fait Kerensky, pris par surprise.
_ Chacun son tour, pensa-t-elle.
Il se redressa, le visage indéchiffrable, ne dit rien et monta comme si de rien était dans l'ascenseur. Mais ses yeux étaient brillants... un peu trop brillants. Ne sachant que dire, ils descendirent en silence, perdus dans leurs pensées. Ils arrivèrent au rez-de-chaussée, sortirent de l'ascenseur et firent quelques pas dans le couloir. Il y avait toujours de l'agitation aux Urgences. Alors qu'ils arrivaient près de la salle d'attente, Joy se décida à rompre le silence.

_ Je t'attends dehors pendant que tu te changes... Elle s'interrompit quelques secondes puis ne put s'empêcher d'ajouter malicieusement : A moins que tu veuilles rejoindre la soirée habillé ainsi ? Tu ferais sensation ! ... Je suis sûr que Simon apprécierait tout particulièrement.
Giorgi la fusilla du regard. Il ne goûtait que moyennement la plaisanterie. Manquerait plus que Simon soit au courant de tout cela !
_Merci, très peu pour moi... Il lui fourra dans la main les analyses qu'il était venu chercher à l'origine... Au fait, on avait raison sur toute la ligne. Préviens les !
Il disparut dans les toilettes des hommes.

Quelques instants plus tard
Ayant remis son smoking, il rejoignit Joy à sa voiture. Sans un mot, il prit le volant. Direction le groupe W. Le trajet se fit en silence. Peu avant d'arriver au groupe, il arrêta brusquement la voiture et coupa le contact. Joy le regarda surprise, attendant la suite . Cela ne tarda pas :

_ Pourquoi es-tu venue à l'hôpital ?
_ On se demandait ce que tu fabriquais et s'il y avait un problème avec l'analyse.
_ Tu aurais pu te contenter de téléphoner. Pourquoi as-tu éprouvé le besoin de te déplacer en personne ?
Joy sourit :
_ Sans doute pour la même raison que toi !
Kerensky sourit à son tour et préféra ne pas relever. Il continua, toujours très sérieux.:
_ Ils vont nous tomber dessus pour notre retard et nous presser de questions. Tu comptes leur dire quoi ?
_ Mais la vérité, bien sûr. Que de nos jours, les père Noël se recrutent un peu partout... et que les ex agents du KGB ne sont plus ce qu'ils étaient : ils peuvent faire preuve de grande sensibilité...
_ Tout comme aujourd'hui : les ex agents de la CIA sont capables de rougir quand on leur offre une fleur !

Ils se défièrent du regard quelques instants puis sourirent .
K : On est d'accord ?
J : On est d'accord !
K : Bien.
Il remit le contact et reprit la direction du groupe.
Un peu plus tard, ascenseur du groupe W
Kerensky et Joy arrivaient à l'étage de l'appartement de Largo. Les portes s'ouvraient. Ils pouvaient entendre la musique et les rires. Joy retint Kerensky par la manche :
_ Kerensky ?
_ Oui ?

Elle lui fit une bise sur la joue.
_ Merci.
Il la dévisagea, interrogateur :
_ Pourquoi ?
_ Pour ton magnifique cadeau.
_ Le tableau ?
_ Non, l'autre.
Il haussa un sourcil. Il ne comprenait pas.

Dans un sourire, elle expliqua avant de se diriger vers l'appartement :
_La leçon sur la magie de Noël.
Elle entra chez Largo, suivie de près par Kerensky. Comme ils l'avaient prévu, Simon et Largo se précipitèrent pour les interroger.
S : _Pourquoi vous avez été si longs ? L'hôpital n'est pas si loin et personne n'a envie d'y rester trop longtemps surtout un soir comme celui-ci.
Joy lança un regard complice à Kerensky, sourit et répondit :
_ Oh, nous, on y a rencontré quelqu'un de très intéressant qui prenait plaisir à traîner dans les couloirs et qui serait bien resté plus longtemps.
Largo fronça les sourcils suspicieux Elle était bien joyeuse par rapport à tout à l'heure. Sa tristesse et sa nostalgie semblaient s'être complètement évaporées :
_ Ah oui, qui ?
Joy malicieuse :

_ Le Père Noël... Un drôle de père Noël... mais bien sympathique et un peu magicien sur les bords.
Elle les planta là et se dirigea vers Sullivan avec les analyses.
Simon et Largo la regardèrent s'éloigner, puis se tournèrent interrogatif vers le russe.
_ Alors c'était qui ?
Celui-ci sourit
_ Ben quoi, elle vous l'a dit : Le père Noël et quelques-uns de ses lutins. Ne me dites pas que vous ne croyez pas à l'existence du Père Noël ?
Kerensky savoura un instant l'ébahissement provoqué par son discours chez ses deux amis puis il rajouta en s'éloignant :
_ Vous avez tort!
Et il alla chercher Joy pour l'entraîner dans un rock endiablé!

S : _ Ils se foutent de nous !! J'aimerais bien savoir ce qui les a vraiment retardés.
Largo haussa les épaules :
_ Aucune importance. Et tu n'en tireras rien, s'ils sont de mèche. Laisse tomber. Le principal, pour moi, c'est qu'ils aient décidé de s'amuser et soient de bonne humeur.
Simon pensa brièvement à un petit paquet rectangulaire qu'il avait posé sur le lit de Joy un peu plutôt dans la soirée, après avoir forcé sa serrure... un petit paquet contenant un livre retouché : _ Oui, c'est peut-être mieux, en effet !


Fin.





La robe décrite offerte à joy est celle de Talia dans la magnifique trilogie des flèches de Mercedes Lackey

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