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 Autres Révélations par Lucie

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Ygraïn
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MessageSujet: Autres Révélations par Lucie   Mer 26 Avr - 13:11


Autres Révélations
par Lucie





Le genre: Scènes Manquantes

Les personnages concernés: Simon, Largo...

Etat: Complet

Longueur: environ 8 pages Word

Résumé: Comme le titre le suggère cela se réfère à l'épisode Révélations [1.24]. Lucie a essayé de combler les "trous" de cet épisode en se concentrant sur le personnage de Simon. C'est un exercice difficile dont elle s'est très bien sortie, je trouve.
En finissant de la lire, pour moi, il n'y avait aucun doute, c'est comme ça que cela avait dû se passer

Les avertissements: Tout public.

Note dYgraïn:
_ Cette fic avait la particularité de n'avoir circulé jusqu'ici qu'en privé entre quelques priviligiées. Mais après avoir un peu bataillé, Lucie m'avait donnée du bout des lèvres l'autorisation de la publier sur mon site. Alors si vous l'aimez, plus que jamais, prenez une minute pour le lui dire et montrez lui que j'avais raison...
_ Affiche de Lousky.

Copyright: Les personnages de Largo Winch ne m'appartiennent évidemment pas, mais appartiennent à Van Hamme (et sans doute Dupuis est les divers participants de la coproduction pour la série et le personnage de Joy).

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Ygraïn
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MessageSujet: Re: Autres Révélations par Lucie   Mer 26 Avr - 13:12

Autres Révélations
Par Lucie



APPARTEMENT DE SIMON - 10 H 00


Bien qu'il soit réveillé et prêt depuis un bon moment, Simon ne se décidait pas à quitter son appartement. Il tournait en rond, désoeuvré, lorsque le téléphone sonna. C'était la voix de Sullivan au bout du fil.


- " Bonjour Simon. Si vous êtes libre, j'aimerais que vous passiez à mon bureau dans la matinée pour qu'on discute un peu "

- " Euh oui, bien sûr. J'arrive tout de suite "

Simon raccrocha, perplexe. Il se demandait ce que pouvait lui vouloir Sullivan. Bien sûr, en tant que chef de la sécurité, il était plausible que le bras droit de Largo puisse désirer lui parler, cependant Sullivan avait démissionné du Groupe W. Et ce, pour se consacrer exclusivement à la défense de Largo à laquelle il travaillait avec acharnement depuis plus de dix jours.
A la pensée de Largo, Simon eût un pincement au coeur. En effet, depuis plus d'une semaine, leurs relations à tous les deux étaient devenues plus que tendues.

En y repensant, tout avait commencé quand il avait reçu cette maudite lettre émanant d'un grand cabinet de chercheurs de têtes et qui lui était personnellement adressée. Avant de l'ouvrir, il l'avait tout d'abord regardée avec étonnement : il n'avait pas l'habitude de recevoir un tel courrier. Il l'avait décachetée avec lenteur. La lettre disait en substance, après moult compliments, que de nombreux clients du cabinet recherchaient quelqu'un possédant son profil et ses références en matière de sécurité. Ils citaient en particulier une grande agence spécialisée dans la protection des stars qui se disait prête à lui offrir un pont d'or s'il acceptait de venir travailler pour eux.

Il en était resté abasourdi. Puis sa première réaction avait été d'éclater de rire. Comment lui, Simon Ovronnaz, ex-obscur petit voleur, était convoité par plusieurs importantes sociétés pour assurer leur sécurité. Quelle belle revanche ! Il avait apprécié avec ironie tout le sel de la situation. Il avait même failli aller montrer la lettre à Largo pour qu'ils en rigolent ensemble.

Pourtant quelque chose l'avait retenu. A présent, il comprenait que c'était de la vanité, de l'orgueil mal placé. Il savait pertinemment que c'est à son amitié avec Largo qu'il devait son job. Et puis aussi au fait que celui-ci en avait eu un jour par-dessus la tête des querelles entre Joy et Kerensky et qu'il avait pensé que, les placer sous l'autorité d'un tiers, les canaliserait et réduirait ainsi les frictions.

Mais là c'était différent : on l'avait jugé sur sa valeur, sur ce qu'il avait démontré en travaillant pour le très-exposé-patron-milliardaire du Groupe W. Et même s'il devait partager cette réussite avec Joy et Kerensky (il n'était pas assez vaniteux pour le nier), il en revendiquait tout de même une petite part à son actif.
Ainsi son travail avait été reconnu. Et par des professionnels, des gens habitués à évaluer ce genre de performance et qui se montraient habituellement très exigeants !
Simon avait senti une bouffée d'orgueil l'envahir et il avait décidé de répondre favorablement à la lettre. Par simple curiosité. Il n'avait aucune envie de quitter Largo, il ne se souvenait même pas que ça lui ait effleuré l'esprit. Mais il avait trouvé valorisant que quelqu'un d'autre que son meilleur ami veuille le prendre à son service, et que, pour la première fois de sa vie, on fasse appel à lui pour des compétences qui n'étaient pas passibles de prison.

Toutefois, il n'avait pas accordé d'importance à cette lettre et cela s'était passé avant son déplacement au Mentawaï d'où il avait bien failli ne jamais revenir. Autant dire qu'il l'avait totalement oubliée lorsque quelques jours plus tard, Largo avait abordé le sujet. Glacial, celui-ci lui avait parlé d'un coup de téléphone de l'agence de protection au sujet de ses références. Simon en était resté estomaqué : pas une seconde il n'avait imaginé que sa réponse au cabinet aurait pu aboutir à cela.
Il revoyait l'air dur et accusateur de Largo et s'en voulait à présent d'avoir été incapable de s'expliquer. Pris de court il s'était embrouillé dans ses explications et avait eu le sentiment de passer pour un traître et un déserteur aux yeux de son meilleur ami et de Joy. Sa sortie n'avait pas été très glorieuse non plus : très mal à l'aise et pas fier de lui, elle ressemblait plus à une fuite qu'à un retrait dans la dignité.

Par la suite, vexé et malheureux de leur manque de confiance en lui, il leur avait fait croire qu'il s'était rendu à un entretien pour le job en Californie.

Tout était donc parti d'un malentendu et les choses ne s'étaient pas arrangées par la suite. Deux jours plus tard, à son soi-disant retour de Californie, il était tombé sur une liste de noms. Curieux il s'était informé et s'était étonné que son nom n'y figure pas. Sullivan lui avait alors expliqué, un peu mal à l'aise, que c'était la liste des témoins à décharge et qu'il avait préféré ne pas l'y inscrire.
Simon avait accusé le coup et baissé la tête en fixant la feuille. Il réalisait qu'il tenait là la liste des personnes qu'on avait jugées dignes d'apporter leur aide à Largo. Et lui n'en faisait pas partie. Il avait compris que son passé le rattrapait une nouvelle fois et s'était exclamé avec amertume :

- " Simon le voleur ! "

Joy, devinant sa douleur, avait tenté à son tour avec tact et douceur de justifier leur choix.
Largo n'avait rien dit.

Et c'était cela qui faisait le plus mal. Passe encore que Joy et Sullivan lui ressortent son passé de cambrioleur. C'était de plus en plus dur à accepter, surtout de la part de Joy. Mais il en avait pris l'habitude. Cependant jusqu'à présent, il avait pu compter sur l'amitié inconditionnelle de Largo qui l'avait toujours soutenu et l'avait imposé contre l'avis de tout le monde.
Cette fois Largo s'était tu.

Depuis ils ne s'étaient plus adressés la parole.
Il passait le plus clair de son temps à éviter Largo et lorsque la rencontre se produisait malgré tout, c'était Largo qui ignorait Simon.
S'étant coupé de Largo, il s'était par la même occasion, également éloigné de Joy et de Georgi. Ainsi, il assistait aux audiences à l'écart des trois autres, comme si déjà, il ne faisait plus partie de leur Groupe. Joy essayait bien d'aplanir les choses en jouant les médiatrices mais rien n'y avait fait et chacun, buté restait dans son coin.
Simon en était très malheureux. Une des choses à laquelle il tenait le plus dans la vie, c'était à son amitié avec Largo. Cette amitié indéfectible tissée en prison et qui depuis lors ne s'était jamais démentie.

Puis par la suite, grâce à Largo, il avait connu Joy et Kerensky. Georgi, que, malgré leurs différences, il admirait énormément et qu'il avait appris petit à petit à estimer et à aimer.
Quant à Joy ... elle lui manquerait beaucoup s'il devait partir. Un instant, il s'interrogea sur ses sentiments pour Joy. Il s'efforçait de ne voir en elle qu'une amie, mais si, de son côté, elle avait regardé différemment Largo ...
Il s'en voulut à ce moment : pourquoi s'écrasait-il toujours devant Largo, pourquoi n'avait-il pas essayé de tenter sa chance ? Après tout, cet idiot ne la méritait pas ! Et plusieurs fois, en la devinant malheureuse devant le spectacle de Largo et de ses conquêtes, il avait eu envie de la consoler d'une façon rien moins que fraternelle. Mais, à chaque fois, sa sacro-sainte loyauté envers son ami l'en avait empêché.
Et voilà qu'à présent, il ne savait plus où il en était. Il ne supporterait pas indéfiniment cette atmosphère pesante qui s'était établie entre eux. Très amer, Simon se disait que si Largo n'avait plus confiance en lui, il n'avait plus rien à faire dans le Groupe. Ni en tant qu'ami, ni en tant que chef de la sécurité.
Il allait quoiqu'il en soit attendre l'issue du procès et voir comment les choses évolueraient, mais pour la première fois depuis qu'il connaissait Largo, il envisageait sérieusement de partir de son côté.
Il en venait à espérer que Largo ne perde le Groupe W, qu'il redevienne Largo Winczlaw et qu'ils reprennent leur vie aventureuse et insouciante. Qu'ainsi tout redevienne comme avant. Mais il savait que c'était là une utopie : rien ne serait plus jamais comme avant. Astrid avait raison quand elle disait que le temps avait passé et les avait changés. Il commençait à comprendre qu'on ne peut pas revenir en arrière et remonter le temps !


Il en était là de ses sombres réflexions quand il se retrouva devant la porte du bureau de Sullivan. Il frappa.



BUREAU DE SULLIVAN - 10 H 10


- " Entrez "
En le voyant, Sullivan sourit et vint lui serrer la main. Il lui indiqua le fauteuil en face de lui.
- " Asseyez-vous Simon. Je voudrais discuter un peu avec vous. "

Manifestement, son ton bienveillant et chaleureux était destiné à le mettre à l'aise.
- " Je vous écoute. "
- " C'est au sujet de Largo et de vous. J'ai cru remarquer que ç'a n'allait pas très fort en ce moment entre vous deux. "
Simon sourit tristement.
- " C'est le moins qu'on puisse dire ! "
L'avocat le regardait attentivement. Doucement il reprit :

- " Largo en souffre énormément. "
Simon réagit vivement.
- " Alors là je ne crois pas, vous voyez ! Largo n'a plus qu'une idée en tête : son Groupe W."
Sullivan sourit devant la hargne de Simon.
- " Détrompez-vous Simon. Je commence à bien connaître Largo. Vous le savez comme moi, c'est un battant. En temps ordinaire, il ne se laisserait pas dépouiller de son héritage sans rien faire. Et là, il ne réagit pas ou presque. Il me laisse tout diriger, tout décider. Il est comment dirais-je ... apathique. Et je crois que c'est, en grande partie, à cause de ce qui se passe entre vous. "
Simon, songeur, l'écoutait avec attention. Sullivan continua.

- " Je, hum ... Je voulais m'excuser pour cette histoire de liste de témoins à ... "
Simon l'interrompit en faisant un geste agacé.
- " Laissez tomber, c'est pas la peine. Je vous assure. "
- " Je pense que si. Je voudrais que vous sachiez que Largo tenait absolument à vous faire figurer sur cette liste. Mais Joy et moi nous étions d'avis contraire. Et comme Largo s'obstinait, j'ai alors menacé d'abandonner sa défense s'il ne tenait pas compte de mes conseils. Il a fini par céder. Je ne lui ai pas laissé le choix à vrai dire ! "
Sullivan fit une pause. Il regardait toujours Simon qui peu à peu sentait un immense soulagement l'envahir. Ainsi Largo lui faisait toujours confiance ! Il l'avait à nouveau défendu et même s'il n'avait pas réussi cette fois à imposer son point de vue, du moins avait-il essayé. Simon comprenait à présent, que lors de la scène du penthouse, son ami pouvait difficilement expliquer ce qui s'était passé devant Joy et Sullivan sans paraître les accuser. Jamais il n'aurait fait une chose pareille.
L'avocat confirma ses pensées lorsqu'il reprit.

- " Je vous devais cette explication parce que je sais que Largo ne vous en aurait jamais rien dit. Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait. Surtout si c'est à l'origine du malaise entre vous. "
Simon ébaucha un sourire.
- " Non, rassurez-vous. Il n'y avait pas que cela. Mais je suis heureux que vous m'ayez tout raconté. Et je ne vous en veux pas. D'une certaine manière je comprends votre point de vue d'avocat ."
- " Ah ! Tant mieux. Je sais que nous n'avons pas toujours été d'accord mais je vous aime bien Simon. J'apprécie votre loyauté. Et à ce propos j'aurais besoin de votre aide. Est-ce que ça vous dirait de jouer un tour à Cardignac ? "
Simon tout à fait détendu à présent, lui sourit.
- " Alors là, je suis votre homme, quand vous voulez ! "

Il exposa donc son plan à Simon : faire croire à Cardignac qu'entre lui et Largo c'était le point de rupture et ce, pour l'inciter à l'appeler à la barre des témoins à charge.
Plus Sullivan parlait, plus le sourire de Simon s'élargissait. Il finit par un grand éclat de rire et se leva pour aller taper sur l'épaule de l'avocat.
- " Hey ! Vous nous aviez caché votre petit côté blagueur, John ! "
Ils fignolèrent donc leur petite mise en scène et la mirent à exécution dès qu'ils entendirent la porte du bureau de Cardignac s'ouvrir. Tous deux sortirent du bureau en hurlant.
- " Largo a besoin de vous. Je croyais que vous étiez son ami ! "
- " Non ! plus maintenant ! "

- " Simon, vous devriez reconsidérer... "
- " Ce que veux Largo j'en ai plus rien à battre ! "
- " Vous n'avez pas le droit de vous enfuir comme ... "
- " Et j'en ai ras le bol qu'on me dise ce que je dois faire. Vu ? Alors lâchez-moi un peu ! "
Le tout sous l'oeil très intéressé et ironique de Cardignac et de Buzzetti.



BUNKER - 11 H 00



C'est donc avec toute sa bonne humeur retrouvée, songeant encore à leur petit coup monté que, dans la foulée, Simon se rendit au bunker. Joy, Kerensky et Largo étaient là. Ils levèrent la tête à son entrée, étonnés de le voir aussi guilleret contrairement aux jours précédents.
Largo lui jeta un regard noir et lança d'un ton hostile.
- " T'as trouvé un nouveau boulot ou quoi ? "
- " Ouais, j'tai pas dit ? J'suis en train de préparer un casse ! "

La réplique avait fusé sans qu'il puisse la retenir, mais il s'en voulut tout de suite quand il vit Largo se mordre les lèvres et détourner la tête, embarrassé.
Il regretta d'être venu se joindre aux autres. A présent, il n'avait plus qu'une envie : avoir une explication avec Largo et se réconcilier avec lui. Mais, il lui fallait attendre. Pour que leur petite comédie de la prochaine audience soit crédible et ménager l'effet de surprise, il devait continuer à faire semblant d'en vouloir à son ami. Cependant cela lui était devenu très pénible à présent qu'il savait qu'il n'avait rien à reprocher à Largo et que celui-ci souffrait autant que lui de la situation.
Il préféra tourner les talons et sortir sans rien ajouter. Derrière lui il entendit la voix de Joy qui l'appelait.
- " Simon ! "
Sans se retourner, il fit le geste de laisser tomber et franchit la porte.
Joy jeta un coup d'oeil sur Largo et devant son air désolé, elle suivit Simon et le rattrapa devant les ascenseurs.

- " Simon... T'as fini ton cinéma ? Largo n'est pour rien dans cette histoire de liste si c'est ça qui te chiffonne "
- " Je sais. "
- " Tu sais ? Mais comment ? "
- " Sullivan m'a tout raconté. "
- " Mais alors pourquoi est-ce que tu continues ton petit jeu ? "
- " Ecoute Joy, je ne peux encore rien te dire. Tu verras ce soir."

- " Oh mais tu ne vas pas t'en tirer comme ça. Qu'est-ce que tu me caches toi ? "
- " Non sérieusement Joy, je ne peux rien dire. Allez je me sauve. "
Là-dessus, Simon courut plus qu'il ne se dirigea vers l'ascenseur tellement il connaissait Joy et son pouvoir de persuasion. Il avait hâte que l'audience du soir ait lieu pour que cesse ce petit jeu de cache-cache.

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MessageSujet: Re: Autres Révélations par Lucie   Mer 26 Avr - 13:14


LE MEME JOUR -18 H 00

Personne n'avait plus vu Simon de la journée. Cependant, il était descendu au Bunker à l'heure dite, au moment de leur départ pour le tribunal, où ils se rendaient traditionnellement tous les cinq ensemble.
Malgré tout, il évitait soigneusement de croiser le regard de Largo. Pourtant, celui-ci avait essayé de s'adresser à lui :

- " Ecoute Simon, c'est ridicule ... "
Mais Simon s'était détourné sans répondre et Largo n'avait pas insisté.
A présent, en route vers le tribunal, perdu dans ses pensées et désabusé, le jeune milliardaire se dit qu'il était sur le point de perdre non seulement le Groupe W mais également son meilleur ami.
La pensée qu'il faudrait qu'il s'explique une bonne fois pour toutes avec lui le traversa une nouvelle fois. Mais d'une part, il était trop épuisé en ce moment, et ne se sentait pas capable de se battre sur plusieurs fronts en même temps. D'autre part, il en voulait à Simon de ne pas faire d'efforts de son côté. Quoique en y repensant, ce matin dans le bunker, c'était bien lui Largo qui avait ouvert les hostilités. Simon à son entrée, avait l'air d'être revenu à de meilleures dispositions que ces derniers jours. Sa réflexion idiote avait tout gâché.
Jamais depuis qu'ils se connaissaient, ils n'étaient restés aussi longtemps en froid. Il y avait bien eu l'épisode de Jack. Il n'avait alors pas supporté que Simon ne soit pas aussi enthousiaste que lui à l'idée qu'il ait un fils tombé du ciel. Ils étaient alors restés brouillés quelques jours. Pourtant, Simon était toujours demeuré à ses côtés et c'est finalement grâce à son intervention que Diana, son fils et lui s'en étaient tirés. Il savait qu'il pouvait toujours compter sur son aide. Pourtant cette fois, c'était plus grave. Il en était déconcerté et déprimé. Au moment où il aurait eu tant besoin du soutien et de la bonne humeur de son copain, celui-ci était sur le point de partir, il le devinait. A cette pensée, de nouveau, il se sentit mal et blessé. Il aurait tout donné pour qu'il reste. Tout ? Il s'interrogea sur cette formule convenue. Dans son cas elle revêtait une véritable signification.
Perdu dans ses pensées moroses, il ne répondait que par monosyllabes à Sullivan et comme tous les autres se taisaient, l'ambiance dans la limousine était sinistre.

Dans la salle d'audience, Simon s'installa à sa place habituelle : à l'écart des autres et près de la sortie. Comme s'il se désintéressait de ce qui allait se passer. Dès l'ouverture de la séance, il entendit sans surprise Cardignac l'appeler à la barre des témoins : cité par l'accusation, il devenait témoin à charge ! Sullivan avait bien essayé d'objecter, mais le juge ne l'avait pas suivi et Simon dut finalement s'exécuter.
En entendant appeler Simon, Largo réprima un sursaut et se redressa d'un air tendu et inquiet. En aparté, il demanda à Sullivan pourquoi à son avis Cardignac le faisait venir à la barre. En réponse, l'avocat évoqua l'escarmouche du matin entre Simon et lui, qui s'était déroulée sous les yeux de Cardignac. Il pariait que celui-ci allait en profiter pour faire enfoncer Largo par son meilleur ami. Le jeune milliardaire avait l'air de plus en plus inquiet malgré son désir de ne rien laisser paraître.
Cardignac lança son témoin sur le sujet des différends ayant opposé les membres de l'Intel Unit entre eux. Sans aucune gêne, Simon déballa alors avec force détails, tous les accrochages, prises de bec voire même, bagarres, qui avaient jalonné leur vie commune depuis un an. Largo, liquéfié, s'enfonçait de plus en plus dans son fauteuil en dardant sur Simon un regard assassin. Lorsqu'il aborda le sujet intime de leur querelle au sujet de son prétendu fils, Largo manqua d'air. Il fut pris d'une envie de fuir et regarda vers la porte, ne voulant rien entendre de plus. Mais il n'était pas question qu'il sorte. Il reporta donc un regard glacial sur Simon qui continuait à débiter son histoire comme si de rien n'était. Largo était sidéré. Comment Simon pouvait-il lui faire ça ? D'accord ils étaient en froid et il était même vraisemblablement sur le point de partir. Mais ça ! Le trahir de cette façon là, jamais il n'aurait pu l'imaginer de sa part. Un coup d'oeil vers Joy et Kerensky le persuada qu'ils étaient aussi stupéfaits et consternés que lui.

Simon avait terminé son petit discours et le regardait, apparemment content de lui. Cardignac entama alors avec délectation, une synthèse de ses propos d'où il faisait ressortir qu'ils constituaient un ramassis de gens violents et caractériels qui ne se supportaient pas les uns les autres.

Lorsque son ami avait commencé à parler, Largo s'était dit que c'était "cuit " . Il se préparait déjà mentalement à dire adieu au Groupe W lorsque Simon coupa la parole à Cardignac pour le contredire et, encouragé à parler par le juge, se lança dans un vibrant hommage à Largo et à ses méthodes ainsi qu'à ses partenaires de l'Intel Unit. Il compara ainsi leur équipe à une " famille " que Largo avait su rassembler autour de lui et où, bien sûr, on se dispute de temps en temps, comme dans toutes les familles mais pour mieux se ressouder par la suite. Et il continua ainsi, dans la même veine, pendant un bon moment.

Dès ses premières paroles, Largo s'était soudain senti immensément soulagé et avait compris que la soi-disant " altercation " entre Sullivan et Simon n'avait été qu'un piège dans lequel Cardignac avait foncé tête baissée. Détendu, il avait alors écouté Simon en souriant. Mais par la suite, il s'était senti gagné par l'émotion devant la sincère admiration, et l'affection à son égard qui ressortaient du petit discours enflammé de son copain.

Lorsqu'il regagna sa place, Simon adressa un petit clin d'oeil en souriant largement à Largo qui le suivait du regard, l'oeil embué.
La séance se termina avec l'audition de Cardignac par Sullivan qui, de façon géniale, marqua de nouveaux points en faveur de Largo. Il avait réussi le tour de force de faire admettre par Cardignac lui-même, que Largo était un 'formidable meneur d'hommes'. L'ultime séance du lendemain qui devait voir le verdict final, s'annonçait pour le mieux.

C'est donc l'esprit plus léger que toute la petite équipe se retrouva à la sortie du tribunal. Joy et Kerensky ne se privèrent pas de féliciter Simon et de lui taper sur l'épaule en riant. Largo, sans rien dire, lui serra la main longuement, gravement.
A l'arrière de la limousine qui les ramenait au Winch building, Simon, retrouvé, était intarissable et rigolait avec Sullivan de leur petite farce à l'encontre de Cardignac. Largo ne disait toujours rien, se contentant de les regarder en souriant. A l'avant, Joy et Kerensky riaient en écoutant les deux héros de la soirée et savouraient, soulagés, la joyeuse ambiance retrouvée.

En arrivant au building, Largo les libéra tous en les remerciant de leur soutien et en leur souhaitant une bonne soirée. Chacun repartit donc à ses occupations personnelles. Mais Largo rattrapa Simon par le col de sa chemise au moment où il s'en allait lui aussi.
- " Toi tu restes là. On monte chez moi, il faut qu'on se parle. "

- " T'es sûr ? Je suis un peu fatigué là et ... "
- " Je suis sûr " coupa Largo en souriant.
Simon n'avait pas l'air très enthousiaste. Il se doutait que Largo voulait le remercier mais il n'était pas très doué pour cela pas plus qu'il ne savait comment recevoir les compliments. Cela le mettait généralement très mal à l'aise.
Une fois arrivés au penthouse, Largo leur servit un verre à tous deux (un lait fraise pour lui et une bière pour le copain) et se planta en face de Simon. Lui aussi d'un seul coup semblait embarrassé.
Il se lança.
- " Tu sais Simon, ce soir lorsque l'on se rendait au tribunal, je me suis fait la réflexion que j'allais peut-être perdre le Groupe W. Et j'ai eu l'impression que toi ... je t'avais déjà perdu. Et alors d'un seul coup, je n'ai plus eu du tout envie de me battre. Tu sais à quel point le Groupe me tient à coeur pourtant. Ne serait-ce que parce que mon père me l'a laissé. Mais d'un seul coup, j'ai réalisé que si on m'avait donné le choix entre le Groupe et toi, c'est toi que j'aurais choisi. Sans hésitation. "
Il regarda Simon qui, aussi ému que lui, baissait la tête, incapable de répliquer quoi que ce soit.

- " Il faut qu'on en discute Simon. Il faut savoir pourquoi on en est arrivés à ne plus se parler. Je ne veux plus que ça se renouvelle. "
- " D'accord Larg'. Je ne demande que ça. "
Il raconta alors toute l'histoire de la fameuse lettre de recrutement.
- " Mais tu sais, pas une seconde je n'ai envisagé de vous quitter toi et les autres à ce moment là. J'étais sincère au tribunal. C'est vous ma famille. Et toi ! Depuis le temps qu'on fait la route ensemble. T'as vraiment cru que je pourrais partir comme ça ? "
Largo sourit.
- " J'ai surtout eu très peur que tu ne le fasses. Qu'est-ce que je ferais sans toi ! Mais c'est vrai, j'ai eu tort, j'aurais dû en discuter tranquillement avec toi au lieu de te mettre en accusation tout de suite. "
Simon rigola en frappant sur l'épaule de Largo.
- " Allez mon p'tit vieux. Te bile pas. Si tu crois que tu vas te débarrasser de moi aussi facilement ! Même à coups de pompes dans le derrière, je ne partirai pas ! "

Largo rit à son tour.
- " Alors tant pis. Je vais renvoyer les deux types que j'avais embauchés pour te botter les fesses. "
Puis il reprit son sérieux.
- " Il faut qu'on parle de cette liste aussi. J'ai bien vu que ça avait du mal à passer le jour où tu l'as trouvée. Je suis sûr que tu m'en as voulu . Je me trompe ? "
Simon rougit et détourna les yeux. Décidément son copain le connaissait bien !
- " Non mais c'est pas la peine d'en parler. Sullivan m'a tout raconté. Je sais que tu n'y es pour rien. "
- " Si. Je me sens responsable aussi. J'aurais pu insister plus. J'aurais DU insister plus. En temps ordinaire je n'aurais pas laissé Sullivan régler cette histoire à sa guise. Mais là ... J'étais sous le coup de ton ... soi-disant départ et je t'en voulais. Alors je crois que, inconsciemment, j'ai voulu me venger de toi, te faire souffrir à ton tour. "

Largo baissa la tête, pas fier de ce qu'il venait de comprendre.
- " Et puis, quand j'ai vu la peine que ça te faisait, j'aurais dû aller te voir. Mais j'étais trop fier pour ça. Je m'en veux Simon. Quelle sorte d'ami je fais ! "
Simon lui sourit gentiment.
- " T'es le meilleur ami qui soit. Et puis tu sais quoi mon grand ? Je suis content de voir que le brillant, le beau, le très élégant, très tout, Largo Winch n'est pas parfait. Il a tout plein de défauts. Comme tout le monde. C'est rassurant pour nous autres pôôvres mortels. Tu ne trouves pas ? "
Largo rit à son tour, se sentant pardonné. Il regardait Simon affectueusement.
- " J'ai vraiment de la chance de t'avoir Simon ! "
Alors Simon, lui lançant une oeillade appuyée et imitant une voix féminine lui susurra :
- " Tu montes chéri ? "
Largo, en riant, lui décocha une bonne bourrade à l'épaule.

- " Idiot. On ne peut vraiment pas être sérieux plus de deux minutes avec toi. "
- " Bon allez, si tu n'as plus besoin de moi ce soir, je compte bien rendre visite à une gentille petite nana que j'ai rencontrée hier soir ! "

- " C'est pas vrai, t'es vraiment incorrigible ! "
- " Eh dis donc, Tu peux parler toi ! Est-ce que je dois t'énumérer toutes tes conquêtes de ces deux derniers mois ? Bon allez, je te laisse. Toi il faut que tu te reposes et que tu sois en forme pour le verdict de demain. Mais t'inquiète pas mon p'tit pote, je suis sûr qu'on va les avoir Cardignac et sa clique ! "
- " C'est ça, à demain. Et je compte sur toi à l'aube ! " Ajouta Largo d'un air malicieux.
Et sur un dernier grand sourire, Simon quitta la pièce.



Fin


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MessageSujet: Re: Autres Révélations par Lucie   Mer 2 Aoû - 22:29

Ah oui, en effet ! Il eût été dommage de nous priver de ce petiti bijou simonesque ! Pour une fois que l'on a droit au point de vue de Simon, et surtout par une experte !

J'aime beaucoup le changement rapide de ses états d'âme, la mise au propre après coup de ses sentiments (comme il le dit lui-même : "'j'écoute jamais ma tête" (Trahison Intime)), son côté gamin pénible lorsqu'il prépare un mauvais coup.

A côté de cela, ces passages avec Simon paraissent incontournables une fois lus, car ils permettent de mieux comprendre le reste de l'épisode. Quel dommage qu'ils n'aient pas été intégrés à l'épisode.

Lecture chaudement recommandée, donc !
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MessageSujet: Re: Autres Révélations par Lucie   

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